Histoire du théâtre

BIBLIOGRAPHIE
Pièce de référence :
M. NDiaye, Papa doit manger, Paris, Les Éditions de Minuit, 2003.
Ouvrages critiques :
Histoire du théâtre dessiné : de la préhistoire à nos jours, tous les temps et tous les pays, avant propos de Jean Dasté, Paris, A.-G. Nizet, 1992.
BISMUTH, Hervé, Histoire du théâtre européen, Champion, 2005.
DEGAINE, André, Histoire du théâtre dessiné, Nizet, 2000.
PRUNER, Michel, BERGEZ, Daniel, Fabrique du théâtre, Armand Colin, 2005.
UBERBERSFELD, Anne, Lire le théâtre (I, II, III), Belin/sup.

***************

THÉÂTRE GREC ANTIQUE

notes par Pawel Hladki

C’est avec le théâtre grec antique que commence l’histoire du théâtre européen. Il prend naissance dans les spectacles de la civilisation minoenne dits dionysies.

1. Dionysos – dieu grec du vin, de la vigne, et de la fertilité, du père Zeus et d’une mère mortelle Sémélé, adopté par les Romains sous le nom de Bacchus

– Dionysos représenté par la mythologie grecque : Poussée par Héra jalouse, déguisée en sa nourrice, Sémélé demande à contempler Zeus, de qui elle est enceinte, dans toute sa majesté. Zeus ayant promis doit se présenter muni de sa foudre, qui tue sur le champ Sémélé. Zeus tire alors son fils du ventre de sa mère et, s’entaillant la cuisse, y coud l’enfant pour mener sa gestation à terme. C’est l’origine de l’expression « être né de la cuisse de Jupiter ». La cuisse pouvant être une désignation euphémique pour les organes sexuels.

2. Dionysies :

–  c’est la fête dédiée au dieu du vin Dionysos pendant laquelle la population grecque fait des processions, des danses et chante des dithyrambes  — des chants à la gloire des héros grecs accompagnés probablement de gestes qui présentaient les paroles

3. Trois principaux festivals de théâtre sont :

a) Dionysies champêtres – de décembre à janvier

b) Les Lénéennes – de janvier à février

c) Les grandes Dionysies – de mars à avril

– Les grandes Dionysies ont lieu à Athènes et durent de 5 à 10 jours

– La première journée est consacrée au concours de dithyrambes

– La deuxième est celle des comédies

– Les trois jours suivants sont consacrés à la tragédie – un auteur par jour

– vers 6e siècle avant J.C. ce coutume devient formalisé, les femmes ne sont plus autorisées à y participer

– cette fête a eu lieu autour du temple de Dionysos ou sur l’agora dans la région de Corinthe (agora – désigne le lieu de rassemblement, le marché de la cité).

4. Évolution du festival :

– Les hommes chantent dans un lieu spécialement consacré à cet effet – orchestre

– Progressivement, un lieu spécifique s’intègre au temple pour les représentations théâtrales.

– Au milieu de l’orchestre, on installe thymele – un autel

– La célébration commence avec la consécration d’un bouc   – en grec TRAGOS

scène du sacrifice (musée du Louvre)

– Le poète Arion (625- 585 av. J.-C.) transforme les dithyrambes en compositions littéraires, ce qui fait introduire la production littéraire dans cette fête grecque

– Les dernières années du 5e siècle av. J.C. —> importance du discours politique et juridique – qui conduit à l’individualisation des personnages

5.    Thespis d’Icare, auteur du VIe siècle av. J-C. introduit le premier personnage, en révolutionnant les dithyrambes. Selon la tradition, on pense que c’est Thespis lui-même qui a joué ce rôle du premier personnage, il est donc le premier acteur.

  • la modification de Thespis consiste à intercaler des vers parlés dans les chants du chœur
  • le protagoniste joue tous les rôles, c’est la forme primitive du théâtre
  • il a utilisé des masques pour distinguer différents personnages
  • Thespis répond aux questions du chœur – il devient Hypokrites – celui qui répond en changeant de masques en fonction du personnage qu’il joue
  • Ce personnage incarne la nature divine et les membres du chœur des humains qui commentent ses paroles

Cette représentation faite en présence d’un public marque le début du théâtre

D’après les légendes, Thespis a voyagé dans toute la Grèce antique en performant son spectacl

6.    538 av. J-C., Pisistrate a organisé le premier concours de tragédie à Athènes et c’est Thespis qui l’a gagné

– Les auteurs des tragédies sont choisis par l’archonte (L’un des magistrats qui gouvernaient une république grecque.)

– Concours de tétralogie (Ensemble de quatre pièces (trilogie tragique et drame satyrique) que les premiers poètes grecs présentaient aux concours dramatiques des Dionysies.)

– L’archonte nomme les différentes composantes de la représentation. Il nomme les chorèges, les poètes, les protagonistes.  ARCHONTE : Dans la Grèce antique, Citoyen chargé d’organiser à ses frais un chœur de danse pour une représentation théâtrale.

– Les chœurs tragiques sont composés des 12 puis quinze choreutes et les chœurs comiques de vingt-quatre

– Les chorèges fournissent quelquefois de la nourriture et du vin aux spectateurs

– Le protagoniste est l’un des trois acteurs, il recrute le deuxième, le deutéragoniste, et le troisième, le tritagoniste.

– Toutes ces personnes sont des hommes, les rôles des femmes sont aussi joués par des hommes

– Les femmes, les méthèques (étrangers) et probablement les esclaves peuvent aussi assister aux spectacles en compagnies des citoyens

– Dix juges tirés au sort parmi les citoyens décident des personnes gagnantes

– Six récompenses :

  • 2 aux meilleurs protagonistes
  • 2 aux meilleurs chorèges
  • 2 aux meilleurs poètes

7. Phrynichos – Sa plus célèbre pièce, La Prise de Milet, composée peu après la prise de Milet par les Perses, qui eut lieu en 493 av. J.-C. , émut le public jusqu’aux larmes. Mais Milet était colonie athénienne et sous influence de sa cité-mère. Phrynichos fut condamné à payer une amende de 1000 drachmes (« pour avoir rappelé les malheurs du peuple »), après quoi il fut même décrété que plus aucune pièce sur le sujet ne devait être produite.

– Phrynichos a introduit le premier personnage féminin joué par des hommes qui portaient des masques de femme

– Phrynichos  a introduit également des sujets contemporains

– Cependant ces pièces ne se sont pas conservées jusqu’à aujourd’hui ce qui concerne également toutes les pièces du 6e siècle

8. 5e siècle av. J.C. – le concours théâtral devient très populaire en Grèce

– les gradins de bois sont remplacés par ceux de pierre

– pendant le festival, on bâtit un bâtiment en forme de rectangle appelé Skene – (tente) qui se trouve en arrière de l’orchestre. Ce bâtiment sert aux acteurs qui jouent plusieurs rôles à changer de costumes et de masques

4e siècle av. J.C. la Skene devient un bâtiment permanent

9.    Caractère religieux du théâtre grec – malgré l’évolution du théâtre, celui-ci reste strictement liée à la religion :

  • on célèbre toujours Dionysos au temple et on garde son culte au théâtre
  • le théâtre se déroulait toujours pendant les Dionysies et les Lénéennes (aussi à la gloire de Dionysos)
  • on s’emploie au théâtre à instaurer la communication avec les dieux

10. Ve siècle avant J.C. L’âge d’or du théâtre grec

Eschyle (532 – 456 av. J.C.) :

  • Réduit le chœur aux 12 personnes
  • Introduit probablement le deuxième acteur
  • A écrit plus de 80 pièces dont 7 se sont conservées
  • L’Orestie   

L’Orestie est une trilogie dramatique d’Eschyle représentée en 458 av. J.-C. aux Grandes Dionysies d’Athènes, où elle remporte le premier prix. Elle est composée de trois tragédies centrées sur la geste des Atrides : Agamemnon,  Les Choéphores et les Euménides ; un drame satyrique intitulé Protée (aujourd’hui perdu) était censé la compléter. C’est la seule trilogie liée conservée.

Agamemnon :

–        prologue

–        parados – entrée du chœur

–        péripéties

–        exodes – sortie du chœur

Sophocle (496-406 avant J.C.)

–       considéré comme le plus grand dramaturge grec

–       il a écrit 122 pièces (dont une centaine constitue des tragédies), mais seulement 7 se sont conservées

–       il a introduit le troisième acteur – tritagoniste

–       les acteurs jouent toujours plusieurs rôles à l’aide de différents masques.

–       Il introduit premiers éléments de décor – des panels paints – Pinakes

–       ses pièces sont pleines de meurtres

–       contrairement à Eschyle – le rôle des dieux dans ses pièces est minimal

–       Œdipe roi est considéré comme la tragédie la plus parfaite

–       Il rompt avec la trilogie

–       Il développe la psychologie des personnages qui sont souvent des solitaires

Euripide (480-406 avant J.C.)

–       il a écrit 90 pièces dont nous n’en reste que dix-neuf

–       ami de Socrate

–       forts personnages féminins qui expriment la passion physique et psychique

–       les thèmes deviennent plus modernes, dans ses pièces il se demande par exemple sur la justice des dieux

–       son œuvre principale – Médéa/Médée et aussi Electre  

508 avant Jésus-Christ on a fondé un nouveau concours concernant les dithyrambes pour les hommes et les garçons

– leurs performances sont accompagées par des instruments musicaux – lyre et cithare

11. De la satire à la comédie

501 avant J.C. – invention du drame satyrique

Le satyre est une créature de la mythologie grecque. Les satyres, associés aux ménades , forment le « cortège dionysiaque », qui accompagne le dieu Dionysos.

Les premières représentations figurées de personnages ressemblant à des satyres datent du vie siècle av. J.‑C. Le Vase François montre trois personnages ayant les oreilles, les membres inférieurs et la queue d’un cheval.

–   Ve siècle, le dramaturge doit préparer aussi un drame satirique sur un sujet mythologique dans un langage familier, sujets légers

–   la seule pièce qui a survécu – Cyclope d’Eurypide

Avec le temps, le public préfère la comédie à la tragédie probablement à cause de son lien avec les événements contemporains

4e avant Jésus-Christ

487 avant J.C. – le premier concours de comédie

–       le chœur dans les comédies a souvent été composées des créatures non humain, telles que grenouilles, oiseaux ou mêmes des nuages

–       costumes sont drôles souvent avec un ventre artificiel

–       les masques sont des caricatures souvent des personnages réels

le seul auteur connu des comédies – Aristophane – (448-380)

–       seules 11 pièces ont survécu des 40 qu’il avait écrites

–       il se moquait des personnages publics, des défauts des hommes – toute la critique est autorisée durant les Dionysies

–       l’auteur des pièces entre même sur la scène pendant les pauses – parabasis pour tenir un discours qui ne doit pas forcément concerner le thème de sa pièce

411 av. J.C. Lysistrata – « Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris », il s’agit de la guerre entre Athènes et Spartes, ATTENTION : les personnages féminins sont toujours joués par des hommes qui portent des masques de femmes

  • le temps de la comédie coïncide avec le déclin du gouvernement grec
  • 336 – Alexandre de Macédoine et prend le pouvoir à Athènes – la comédie se désintéresse des sujets politiques au profit de ceux concernant les mœurs ce qu’on appelle « la nouvelle comédie » par opposition à l’ancienne comédie
  • l’amour devient le sujet de prédilection
  • le rôle du chœur devient de moins en moins important, mais les dialogues sont toujours versifiés
  • les masques sont plus réalistes que dans l’ancienne comédie sauf ceux des esclaves et certains hommes âgés

 MÉNANDRE (342-291 av. J.C.)– le seul représentant connu de « la nouvelle comédie » :

–       ses personnages parlent dans un dialecte d’époque

–       sujets concernent des problèmes quotidiens

–       Le Dyscolos – titre de sa pièce la plus conservée

***********

THÉÂTRE LATIN

notes par Pawel Hladki

1. Introduction : Le terme « théâtre latin » désigne l’ensemble de la production théâtrale créée en langue latine du temps de la Rome antique.

Les Romains se sont certes inspirés de la culture grecque, il n’en reste pas moins que leur théâtre puise sa source dans une culture qui n’est pas celle des Grecs : ce n’est qu’ultérieurement que la production latine imite le théâtre grec.

Remarquons que la civilisation romaine a connu trois régimes fort différents :

  • Une royauté jusqu’à la fin du VIe siècle
  • Une République – jusqu’à vers la fin du Ier siècle
  • Un Empire dont la partie occidentale s’est effondré à cause des agressions barbares

2. Début du théâtre latin :

Le théâtre latin naît avec des jeux (en latin ludi, d’où l’adjectif ludique en français) qui constituent un rituel d’origine religieuse – chez les Romains les fêtes religieuses, mais également les triomphes, les enterrements, les anniversaires sont l’occasion des « jeux ».

  • Le mime étrusque :

–       l’historien Tite-Live atteste qu’en 364 av. J.C., pour vaincre la peste qui s’était emparée de la ville, on a organisé des jeux scéniques mis en scène par des acteurs d’Etrurie

–       la civilisation romaine absorbe continuellement les cultures des peuples conquis, y compris celle des Etrusques et plus tard celle de la Grèce antique

–       il s’agit d’un spectacle dit mime où les rôles sont purement gestuels, sans paroles, avec l’accompagnement musical, les acteurs ne portent pas de masques, c’est par ailleurs le seul spectacle où jouent des actrices

–       Le mime est donc à l’antipode du théâtre grec où les acteurs portaient des masques, des costumes et des gants

  • La pantomime – succède au mime – ballet à sujet mythologique où l’acteur accompagné d’un chœur de danseur et un petit orchestre portait un masque
  • L’atttelane – un autre genre emprunté aux Etrusques  qui doit son nom à la ville d’Attelane

–       le spectacle met en scène des personnages typés, s’exprimant sous le masque

–       les histoires mises en scènes sont construites à partir des canevas auxquels on ajoute des bouffonneries des personnages principaux

–       les personnages les plus de l’attelane sont :

  • Maccus – goinfre et niais
  • Dossennus – vagabond bossu
  • Pappus – vieillard avare
  • Bucco – bavard

–       l’atellane est l’ancêtre de la commedia dell’arte

  • La satire – les deux communautés romaines les plus organisés : militaires et rurale avaient depuis longtemps leur propre fête au cours desquelles se déroulaient des jeux scéniques

–       à l’occasion d’une victoire ou d’une fin de moisson se jouaient des saynètes dites des satires

–       le terme satire désignait d’abord un plat composé de choses diverses

–       le satire est alors un texte en vers partagé par deux acteurs amateurs, qui se provoquent sous un masque d’écorce ou maquillés, avec l’objectif de décontenancer l’adversaire

3. Importation du théâtre grec :

  • l’historien Tite-Live signale le commencement du théâtre grec dans la Rome antique par un spectacle de Livius Andronicus qui comme le premier vers 240 avant J.C. a traduit une comédie et une tragédie grecques et les a joués à Rome. Ces spectacles sont cependant marqués par l’empreinte de chants et de danses.
  • D’après Tite-Live cette particularité d’adaptation du théâtre grec est due à un accident : malade, Livius est incapable de prononcer son texte et il le fait chanter par son esclave. Livius se met alors à danser et à mimer le texte chanté
  •  Comédie à la grecque :

–       la comédie est associée à un spectacle typiquement grec. C’est pourquoi sa structure thématique et stylistique reste typiquement grecque

–       il existe deux genres principaux de la comédie romaine :

a)    comedia palliata – jouée en pallium (manteau grec), constitue une adaptation d’une comédie grecque

  • elle imite la « comédie nouvelle » et en particulier celle de Ménandre
  • il s’agit d’un texte en vers accompagné du chant et de la danse
  • les noms des personnages, ceux de lieux etc. sont grecs
  • les acteurs jouent tout d’abord sans le masque qui ne sera introduit qu’ultérieurement
  • le chœur n’existe pas à la comédia palliata
  • quatre importantes séquences du spectacle :

–  prologue

–  scènes d’exposition – introduction des personnages

–  péripéties

–  fin heureuse – souvent invraisemblable où des dieux interviennent, où se passent des miracles

  • deux grands auteurs de la palliata :

–  Plaute

–  Térence

b)    comédia togata – jouée en toge, costume typiquement romain, porte sur des sujets concernant le bas de l’échelle sociale à Rome

  • La tragédie :

–       il reste peu de fragment qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui

–       à l’instar de la comédie, la tragédie s’est également développée au centre des deux thèmes « en pallium » et « à toge »

a)    la tragédie praetexta :

  • évoque grands moments de l’histoire romaine
  • la représentation d’une tragédie s’achève par un exodium – une fin qui constitue une farce interprétée par un jeune acteur portant un masque

–       la tragédie s’éteint progressivement avec l’avènement de l’Empire

–       l’auteur le plus connu : Sénèque a cependant vécu pendant la période impériale

–       les tragédies composées par Sénèque ne sont pas des textes destinés à être joués, ils sont des œuvres littéraires

4. Le spectacle à Rome :

–       les premiers théâtres sont des installations en bois désinstallés après les spectacles

–       le pouvoir est peu enclin à la pérennisation de ces édifices

–       les théâtres romains s’inspirent de ceux construits en Grèce

–       c’est à cette époque qu’on invente le rideau de scène

–       le premier théâtre a été construit en 55 av. J.-C. par Pompée pour célébrer ses victoires guerrières

–       ce théâtre n’est pas adossé à une colline comme c’était le cas dans la Grèce antique

5. Comparaison entre le théâtre grec et le théâtre romain :

 

Théâtre grec

1. theatron, 2. thumelê

3. orkhêstra, 4. parodos, 5. proskênion, 6. skênê

Théâtre romain

7. cavea, 8. vomitoria,

9. sièges d’honneur,

10. vomitorium principal,

11. proscenium (pulpitum), 12. frons scenae, 13. scena

a)    les spectateurs accèdent à leurs places par des vomotoires

b)   les portes de l’amphithéâtre mènent directement à l’intérieur de la cavea

c)    le chœur disparaît tout d’abord dans le théâtre romain pour n’être réintroduit que par Sénèque, il perd cependant sa place privilégiée, celle de l’orchestre – lorsque le chœur apparaît (en principe dans les entractes) il joue au niveau des comédies

d)   l’orchestre est désormais occupé par des spectateurs qui sont repartis selon leur statut social et politique

e)    l’avant-scène grec proscenium est conservée mais dans des dimensions plus imposante, il est à présent un endroit décoré de statues, colonnes, bas-reliefs

f)     machines, trappes font aussi partie du spectacle

g)    le théâtre romain est délimité par un mur qui s’étend derrière la scène

h)   sur les côtés de l’aire de jeu sont placées des loges et des coulisses

6. Acteurs

a) l’acteur romain s’appelle histrio – terme qui, selon Tite-Live, vient de l’étrusque ister. Il est pourtant possible également que les acteurs sont appelés ainsi en référence à sa fonction – celle de raconter une histoire. Historio désigne un acteur du point de vue sociale. En représentation il est appelé actor

b) vue l’immensité des édifices théâtraux – la qualité requise chez les acteurs c’est une voix forte – la mégalophônia

b) les acteurs sont des esclaves ou affranchis, leur appartenance au monde du spectacle les prive de la citoyenneté et de leurs droits civiques

c) leur statut social est ambigu – d’une part ils sont adorés par la société romaine (surtout ceux qui jouent à visage découvert – mime et pantomime), de l’autre ils n’y ont aucun droit

7. Représentation :

a) les costumes marquent l’appartenance sociale des personnages :

– costume grec – palliata

– costume romain – togata

– tunique – esclaves

– manteau – voyageurs

– robe – femmes

b) perruque :

– blonde – pour les jeunes premiers

– blanche – pour les vieillards

– rousse – pour les esclaves

c) chaussure :

– comédie – les acteurs portes des crepidas – sandales

– tragédie – des chaussure pourvues des talons à 20 – 30 cm – cothurni

8. Art poétique  – Epître aux Pisons d’Horace :

a) le traité d’Horace est écrit sous la forme d’une causerie épistolaire adressée aux gens de Pise

b) cet ouvrage se propose comme une continuation de La Poétique d’Aristote

c) l’œuvre d’Horace ne concerne pas le jeu théâtral, mais la composition de l’œuvre théâtrale

d) avec Horace, on commence à poser à l’écriture dramatique la question du réalisme des personnages et de la vraisemblance du discours – désormais le personnage doit imiter la réalité

e) principe de distinction entre la tragédie et la comédie

f) principe de composition – une pièce doit comporter cinq actes

g) l’éthique théâtrale :

– Horace indique que certain dénouement de l’action ne sont pas dignes du théâtre, il déconseille le recours aux dieux qui résolvent les problèmes posés par la pièce

– l’action doit être digne de l’intérêt et conduire vite vers son dénouement

– le chœur ne doit pas être un personnage gratuit, il doit tenir un rôle bien précis

– pour Horace, certaines scènes qui représentent la violence, ne doivent pas être montrées

*******

                                        Le Théatre au Moyen-Âge

Notes par Anaïs COTTARD

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

I. LE THEATRE EN FRANCE
A. CRISE DU THEATRE SERIEUX FRANCAIS
B. LE THEATRE RELIGIEUX ET PROFANE
II. LE THEATRE EDIFIANT
A. LE TROPE

B.L’ABANDON PROGRESSIF DU LATIN
C. LE DRAME LITURGIQUE
D. LE DRAME SEMI-LITURGIQUE DANS LE JEU D’ADAM
E. LES MIRACLES ET MYSTERES
III. LE THEATRE AMUSANT
A. LES MORALITES
B. LA SOTIE
C. LA FARCE

INTRODUCTION
L’histoire de notre littérature nationale commence au Xe siècle. Jusqu’alors, dans une douce évolution, la population cherche son unité, la langue son équilibre et l’esprit français sa formule. Au IXe siècle, le peuple français est en quelque sorte uni grâce au puissant empereur Charlemagne. Il s’affirme d’abord de manière chevaleresque et religieuse ; la France se bat loyalement pour défendre la chrétienté contre les infidèles. Pour ce qui est de la langue, le français que l’on connaît aujourd’hui a subi et continue encore de subir des mutations. La langue que l’on parle dans les rues étroites et sinueuses des villages médiévaux n’est pas le latin de Cicéron et de César, mais celui du peuple, le latin vulgaire, qui a été simplifié et qui donne alors la langue romane. Les premiers monuments de celle-ci sont le Glossaire de Reichenau qui date du VIIe siècle et le Serment de Strasbourg prêté en 842. Pour ce qui est des premiers textes littéraires romans, retenons La Cantiléne de sainte Eulalie, Xe siècle, et la Vie de saint Alexis, au XIe siècle.
Nous pourrions diviser la littérature médiévale en deux périodes : la première allant du Xe au XIIIe siècle, la seconde comprenant le XIVe et le XVe siècle. Après les rudes invasions, la France « prend conscience d’elle-même avec Charlemagne. Puis elle éclot, après avoir secoué les terreurs de l’an mille, à la vie et à l’art. »   Elle devient dès lors une sorte de force tenace agissant au nom de la foi. Son essence ardente et ses passions courageuses sont très bien représentées par l’art…

I. LE THEATRE EN FRANCE

A)CRISE DU THEATRE SERIEUX FRANCAIS.

Dans les années 1620, le théâtre sérieux français traverse une crise importante sans que le public s’en rende compte. Pourquoi ?

  • On avait perdu le sens tragique. La tragédie à été remplacée par des drames. La “tragédie” (drame) racontait les aventures d’un roi ou d’un autre grand, le chœur déplorait la situation, mais tous s’arrangeait. Il faudra attendre Racine pour que la véritable tragédie renaisse. (® Mauvaise fin : l’homme se perd et est incapable de se racheter. La pièce s’ouvre sur un moment crucial, une décision qui va bouleverser la vie du personnage)
  • Influence de 2 genres venus de l’étranger : la Tragi-comédie et la Pastorale(Italie et Espagne). Ces 2 genres sont voisins mais présentent des caractéristiques différentes :
    • Tragi-comédie : “Tragédie” qui se termine bien (contraire au genre). Ce sont des pièces où le romanesque est important et où l’auteur prend des libertés avec les règles qui régissaient le théâtre grec ancien. L’Académie Française voudra les restaurer à partir de 1635. L’auteur mettait en scène des accidents (actes de violences) et mélangeait les genres.
    • Pastorale : Mettait en scène des bergers, bergères et leurs amours dans un cadre campagnard. Il représentait en fait l’amour comme dans les salons huppés.

Ces 2 genres ont été les fleurons du baroque et faisaient appel à des trucages jusqu’à l’arrivée du classicisme. Ils ont familiarisé le public élégant avec la psychologie, l’étude des mœurs et ont ouvert la voie à la TRAGEDIE CLASSIQUE.

Si théâtre sérieux français a retrouvé de l’élan et est reparti, c’est grâce à Alexandre Hardy et à l’Académie Française.

  • Alexandre Hardy était le premier auteur de métier (d’abord ambulant puis seulement pour L’hôtel de Bourgogne). Il n’hésitait pas à mettre en scène des accidents. Ses pièces annonçaient la tragédie classique. Il a supprimé le chœur, donner plus de mouvement interne, des discours plus réalistes et apporte de l’importance à l’analyse psychologique. Il a écrit 600 pièces.
  • L’Académie Françaisea été crée en 1635 par le cardinal de Richelieu (®homme d’église mais aussi politicien). Il voulait faire du roi Louis XIII un roi absolu, et de la France la plus grande puissance européenne. Pour ce faire, il a mit la noblesse et les protestants (qui faisaient un état dans l’état) au pas. Ensuite il se rendit compte qu’il avait fait une unité politique mais qu’elle n’était pas assez solide. Il créa alors une unité culturelle pour la “souder” : L’Académie Française. Il ordonna aux académiciens de faire un dictionnaire, une grammaire et une poésie françaises (ainsi les Français parleraient, écriraient et penseraient en français). La poésie française comprend un ensemble de règles destinées aux acteurs :
    • Règle de bienséance et de vraisemblance : Ne plus mettre en scène aux rôles principaux que des grands de la terre et leurs faire tenir des discours et des attitudes adaptés à leurs statuts social (mais cela ne reflétait pas la réalité). Ne plus mettre en scène d’accidents (règle reprise aux grecs : l’action se déroule ailleurs et un messager vient la raconter). Le messager est un personnage important, contrairement au théâtre grec où il était un personnage drôle qui devait divertir le public. Le récit du messager sera appelé plus tard “le récit classique”.
    • Règle des 3 unités : 1) Unité d’action, 2) unité de lieu et 3) unité de temps.
  1. Ne jouer que les actions principales. Un messager viendra raconter les actions secondaires
  2. La pièce doit se dérouler au même endroit, dans le même décor. Plus question de décors multiples ou de tableaux différents.
  3. L’action racontée ne pouvait excéder 24h (théâtres). Au 18e s. elle ne pourra excéder le temps de la représentation.

Ces règles ont été un bien dans la mesure où les auteurs ont prit des libertés avec elles et elles n’ont pas été armes de jaloux (descendre les adversaires). Elles ont apporté une plus grande dignité au théâtre sérieux français, elles lui ont donné une certaine portée et plus de vraisemblance. Le théâtre d’aventure va s’effacer devant le théâtre psychologique.

B.LE THEATRE RELIGIEUX ET PROFANE

Dans les cérémonies du culte Catholique des parties « dramatisées » étaient introduites. On jouait certaines scène de la bible car comme dans la Grèce Antique, le théatre à une origine religieuse, donc à partir du 10 éme siècle on représente à l’interieur des églises et en latin, de brefs drames liturgiques, dont le sujet est tiré de la bible il avait été oublié sous les Mérovingiens et les carolingiens et renait au Moyen age en s’inspirant de la vie lithurgique, alors que l’église chrétienne a vivement combattu le théatre au début du moyen âge, c’est elle paradoxalement qui le réanime sous cette forme (drame liturgique). La procession du dimanche des rameaux est désormais célébrée par des manifestations théatrales. Les contre-chants (ou repons) chantés durant la messe ou les heures du canon évoquent la forme du dialogue.

Autour de l’an 1000, les Trôpes font leur apparition, par l’intermédiaires des Tropes, des paroles non liturgique prennent placent dans la messe. Un trope pascal anonyme constituant un dialogue entre Marie et les anges et datant d’environ 925, est généralement considéré comme l’embryon du drame liturgique.

En 970, ce type de représentation comporte une gestuelle et des costumes, qui apparaissent comme une première ébauche de mise en scène.

A l’extérieur des églises, camelots, vendeurs de drogues, arracheurs de dents, acrobates, escamoteurs, montreurs de bêtes curieuses ameutent les badauds par leurs boniments emphatiques (tel le Dit de l’herberie , de Rutebeuf), comme le font de leur côté les “jongleurs”, qui sont des conteurs ambulants. Ce théâtre de la rue coule dans un moule littéraire le parler commun. Le clergé garde la haute main sur les représentations; c’est lui qui dirige le travail des nombreux corps de métiers (confrérie) qui construisent les décors et les machines. Il règle la mise en scène, l’exécution musicale, et y tient même certains rôles. Mais les éléments profanes, par le biais des intermèdes bouffons qui tiennent en haleine le menu peuple, prendront dans le spectacle une place de plus en plus importante.

II.A. LE TROPE.

C’est un ornement du chant grégorien au moyen d’additions, de substitutions ou d’interpolations de textes musicaux ou poetiques.

B.L’ABANDON PROGRESSIF DU LATIN.

Texte anonyme anglo-normand de la seconde moitié du xiie siècle (1165), le “Jeu d’Adam” est le premier drame connu en langue vulgaire. Bien que très proche du drame liturgique, il s’en distingue toutefois par une caricature des personnages.

Trilogie inspirée par le dogme de l’Incarnation (“Tentation”, “Péché”, “châtiment d’Ève et d’Adam”, “Meurtre d’Abel par Caïn”, “Procession des prophètes du Christ”), il comprend 942 vers et comporte des didascalies latines riches et précises.

D. LE DRAME SEMI LITURGIQUE DANS LE JEU D’ADAM.

Dès la fin du XIIème siècle, s’accomplit un changement radical : avec le Jeu d’Adam et Ève, la plus ancienne pièce de théâtre qui a pour objet de raconter la mésaventure de Adam au paradis, composée en français par un moine anglo-normand, la pièce se joue sur le parvis, en langue vulgaire (le drame sacré s’émancipe du latin), avec des acteurs laïcs et un décor multiple (le Paradis, Jérusalem, l’Enfer).  C’est le drame semi-liturgique, qui prend le nom de miracle quand son argument provient de la Vie des Saints (le Jeu de saint Nicolas). Il et se déploie sur le parvis de l’église, au grand jour de la place publique.

E. LES MIRACLES ET MYSTERES.

De nombreux récits bibliques sont représentés, de la Création à la Crucifixion. Ces pièces sont appelées “mystères de la Passion”, “miracles” ou encore “pièces saintes”.

Des mansions spécifiques sont dressées autour de la nef, le paradis étant généralement situé au pied de l’autel, une gargouille (tête monstrueuse avec une gueule béante) représentant l’entrée de l’enfer de l’autre côté de la nef. Acteurs et spectateurs se déplaçent d’un bout à l’autre de l’église selon les nécessités du récit.

Les pièces sont divisées en épisodes, couvrant chacun des milliers d’années et réunissant des lieux très éloignés, à l’aide de raccourcis allégoriques.

À l’inverse de la tragédie grecque, qui s’organise autour de la progression vers un apogée cathartique, le théâtre médiéval évoque le salut de l’humanité et ne crée pas de tension dramatique intense.

III. LE THEATRE AMUSANT

A.LES MORALITES

Dans le même temps, on voit donc apparaître des pièces folkloriques, des farces profanes et des drames pastoraux, tandis que se perpétuent les multiples formes de divertissement populaire. Tous ces genres influent sur le développement, au xve siècle, d’un théâtre moraliste.

Bien que vaguement inspirées, pour le thème et les personnages, par la théologie chrétienne, les “moralités”, à la différence des “cycles”, ne sont plus basés sur les récits bibliques. Ce sont des pièces autonomes, jouées par des professionnels. À l’exemple d’une pièce comme “Tout le monde” (anonyme, xve siècle), elles évoquent les étapes de la destinée de l’être humain, à l’aide de figures allégoriques (la Mort, la Gourmandise et divers défauts ou qualités, etc.).

Les acteurs font alterner action et musique. Ils exploitent les ressorts comiques des démons et des figures allégoriques du vice pour créer une forme de drame populaire qui rencontre un vif succès.

B.LA SOTIES

La sotie ou sottie était une satire dramatique née du mélange de la farce et de la moralité. Ce nouveau genre fut mis en honneur par les Enfants Sans Souci, joyeuse réunion de jeunes gens dont le chef s’appelait le Prince des Sots. Ils furent autorisés par Charles VI à élever des échafauds, à Paris, sur la place des Hallespour y représenter leurs soties. La liberté de leurs attaques alla souvent jusqu’à la licence; ils ne respectèrent ni la religion, ni la politique, ni même la vie privée des personnages qu’ils mettaient en scène. II est vrai qu’ils commençaient par se jouer eux-mêmes, et se livraient les premiers à la risée de la multitude. Néanmoins l’extrême hardiesse de leurs satires, le langage irrévérencieux qu’ils se permettaient dans des allusions que tout le monde pouvait comprendre, leur firent de nombreux ennemis parmi les gens de robe, d’église et d’épée. Mais ils furent presque constamment protégés par la royauté. Charles VIII seul, dans un moment de colère, leur enleva les privilèges qu’ils tenaient de Charles VI; Louis XII les leur rendit. Ce prince supporta avec une admirable patience les railleries souvent indécentes des Enfants Sans Souci

C. LA FARCE

La farce est un genre théâtral né au Moyen Âge, qui a comme but de faire rire et qui a souvent des caractéristiques grossières. Son origine remonte à l’antiquité grécoromaine, et on en trouve déjà des traces chez Aristophane et Plaute, et surtout dans les atellanes latines.

Lexique

Aristophane : poète comique grec du 5eme av J-C.

Plaute : auteur comique latin.

Attelanes : Comédies bouffonnes dans la Rome ancienne, comédies primitivement improvisées (ancêtres de la commedia dell’arte), appartenaient à un genre tout à fait populaire, originaire de la Campanie, d’allure grotesque et vulgaire.

 ********

La comedia dell’arte

Notes par Élise Moreau et Maëva Lavaud

Qu’est ce que la comedia dell’arte ?

C’est un genre de théâtre populaire italien, apparu avec les premières troupes de comédie avec masques en 1528. Signifiant littéralement : « Théâtre interprété par des gens de l’art », autrement dit : des comédiens professionnels, le terme est, de nos jours, utilisés dans de nombreuses langues dont le français.

I°/ Origine de la comedia dell’arte.

Ce genre se développe en Italie au XVIème siècle. Il découle de la tradition latine, le pantomime, les acteurs jouent toute leur vie le même rôle. La comedia dell’arte, c’est l’art d’improviser à partir des techniques que le comédien a appris tout  au long de son évolution à travers le personnage et aussi les techniques qui sont consigné dans des centonis.

Les centonis sont de petits cahiers (souvent des canevas) où sont consignées toutes les techniques des anciens comédiens. Il s’agit en quelques sortes d’une ligne directive d’improvisation. On peut y trouver de nombreuses intrigues ou histoires, des tirades ou des déclarations d’amour, des tentatives de suicide ou des fourberies de valet.

Les comédiens doivent jouer masqués, les masques ne recouvrent que le haut du visage afin de permettre de mieux distinguer le son de la voix. Avec les masques, le jeu est alors plus axé sur la gestuelle du corps et sur le langage. Chaque masque désigne un personnage particulier.

Les comédiens font partis de troupes itinérantes, ils voyagent donc de vile en ville pour divertir les gens du peuple. La troupe est souvent composée de 9 à 15 personnes et portent des noms originaux et étonnant comme « les jaloux » ou « les confiants ». De plus, c’est une création collective, tous les comédiens y improvisent avec leur personnage fixe pour rendre l’histoire intéressante, drôle et pleine de rebondissement.

II°/ Les personnages

 

Pantalon :

Origine : Ce personnage vient de Venise

Symbolise : Il symbolise le pouvoir et la richesse de Venise, mais aussi l’amertume de sa chute.

Profession : Il est marchand

Costume : Pantalon porte un costume d’Origine Vénitienne. Goldonie (auteur dramatique italien) le décrit ainsi : « La robe noire et le bonnet de laine sont encore en usage à Venise, et le gilet rouge et la culotte coupée en caleçon, les bas rouges et les pantoufles, représentent au naturel l’habillement des premiers habitants des lagunes adriatiques, et la barbe qui faisait la parure des hommes, dans les derniers temps ». A l’origine, il était revêtu d’un long manteau rouge, la zimara, qui devient noire, peut-être en signe de deuil quand Venise perdi le royaume de Négrepont (ou d’Eubée) en 1470.

Caractère et apparence : Pantalon est un vieillard avare, à l’aspect misérable. Shakespeare le décrit ainsi : « Les chausses bien conservées de sa jeunesse se trouvent maintenant trop larges pour sa jambe amaigrie, sa voix, jadis forte mêla, aiguisée, en fausser d’enfant, ne fait plus sifflet aigrement d’un ton grêle » Mais, il ne s’agit que d’une apparence, car en réalité il peut soudainement devenir vif et méchant, grognon et ambitieux. Il s’amourache des jeunes filles qu’il réussit à impressionner par son air solennel. Il est père de deux jeunes filles ou un fils. Il se fait toujours exploiter ou tromper pas quelqu’un son « diable de valet » Arlequin se joue souvent de lui.

________________________

Le docteur :

Origine : Vient de Bologne

Symbolise : Le pouvoir intellectuel

Costume : Il porte une longue robe noire, comme les hommes savants de Bologne, il met des chausses noires, une robe plus courte, noire également, lui tombant sur les genoux. Il est coiffé d’une toque noire. Plus tard on le voit portant également une large fraise et un feutre extravagant.

Caractère et apparence : Il est gros, gras, et son ventre proéminent l’empêche de se pencher et le gêne à marcher. Il est tantôt l’ami, tantôt le rival de Pantalon, mais reste généralement moins important que ce dernier. Il est plus libidineux que son compère. Il ne cesse de parler, de plus dans un latin de cuisine. Derrière ses grands discours, se cache toutefois, une profonde ignorance.

________________________

Arlequin :

Origine : Ville basse de Bergame (dont les habitants sont réputés pour leur sottise).

Profession : Valet

Symbolise : Il représente la fantaisie, le mouvement et la vie.

Costume : Il porte, un chapeau qui ne couvre pas complètement son crâne rasé. Son costume haut en couleur avait peut-être pour origine, un vêtement misérable troué, couvert par divers morceaux de tissus. Au XVIIème siècle, les loques deviennent des triangles bleus, verts et rouges, disposés symétriquement et bordés d’un galon jaune. Il porte des chaussures plates, plus légères, lui permettant d’accomplir mille pirouettes et acrobatie. Une bourse et une batte lui servant de gourdin son accrochées à sa ceinture.

Caractère et apparence : A l’origine rustre naïf et balourd, le personnage est devenu plus rusé, vif, cynique immoral, usant parfois d’un langage scatologique. Optimiste, il trouve toujours une solution à tout. Paresseux, gourmand et coureur de jupons, il sait aussi être gentil et fidèle. Il est le préféré des enfants, car, à bien des traits, il leur ressemble. Aussi, il s’apparente au chien par sa fidélité et son obéissance, au singe par son agilité et au chat par son indépendance, Arlequin aime s’amuser et faire de l’esprit.

_____________________________

Brighella :

Origine : Ville haute de Bergame, où l’on se croit plus intelligents que les autres de la ville basse, comme Arlequin.

Profession : Valet

Symbolise : La ruse

Costume : Il porte un costume blanc, accompagné d’une veste et d’un pantalon large galonné sur les coutures de bandes d’étoffe vertes. Par-dessus, il porte un manteau court, la tabaro, et, il est coiffé d’une toque bordée de vert. A sa ceinture, il porte une bourse en cuir et un poignard.

Caractère et apparence : Son animal fétiche serait le chat pour son agilité. Il affiche assurance et dignité et ne laisse personne parler de lui. Il a une haute estime de sa personne. Il représente, aux dires de Goldoni : « un valet intrigant, fourbe et fripon ». Il est un serviteur malhonnête, dissimulant ses véritables intentions sous un aspect aimable. Autrement, il a des points communs avec Arlequin, il est paresseux et rusé, intéressé et amateur de la gente féminine. Il est ingénieux et combinard, travaillant toujours seul, même s’il fait parfois appel au service de son compère Arlequin. Brighella se spécialise aussi dans les mariages qu’il aime combiner, mais toujours pour soigner ses propres intérêts et berner tout son monde. A noter que son nom vient du mot italien « briga » qui signifie « querelle ».

_________________________

Pierrot :

Origine : Française.

Profession : Valet.

Symbolise : Naïveté et honnêteté.

Costume : C’est un des seuls personnages à ne pas avoir de masque. Il est vêtu de blanc comme polichinelle.

Caractère et apparence : Le Pierrot naïf, amoureux, et rêveur que nous connaissons tous, n’est apparu qu’au XIXème siècle. Dans la comedia dell’arte il se nomme tout d’abors, Pedrolino. Il apparaît comme un valet naïf mais honnête. Il est amoureux de Colombine. C’est un personnage fort, riche et drôle, bien éloigné du Pierrot lunaire que l’on connaît. C’est aussi un poltron. Son plus gros défaut est probablement la distraction, à l’origine de la plupart des quiproquos de la comedia dell’arte. Joueur, il aime faire des farces, et se déguise volontiers, notamment en femme. Il peut également pleurer, mais il fait aussi preuve de gloutonnerie apparemment sans fin ; plus il pleur plus il mange.

________________________

Polichinelle :

Origine : Naples

Profession : Valet

Symbolise : La fourberie

Costume : Il est vêtu d’une large blouse, serrée au dessus du ventre par une grosse ceinture de cuir, à laquelle un sabre en bois et une bourse sont attachés. Son pantalon est également très large. Son cou est orné d’une large collerette molle. Il est coiffé d’une sorte de grande calotte blanche ou d’un haut bonnet sans bord.

Caractère et apparence : Son nom vient du mot italien « Pulcinella » qui signifie « petit poussin », appelé ainsi car il piaille pour attirer l’attention. On raconte que le diable l’aurait prit par le dos puis l’aurait laissé tomber, d’où sa fameuse bosse. Cette dernière rend son apparence horrible, mais aussi son ventre proéminent, son nez crochu en bec de rapace et ses sabots ; D’apparence gentille, il peut se montrer très cruel et se transformer en tueur à gages. Il est toujours armé. On se méfie toujours de lui. De plus, il est un véritable caméléon. Autant il peut jouer les stupide, autant il peut s’incarner en mettre, en magistrat, en poète, ou encore en savant ? Personnage balourd, il est bavard et ne sait garder un secret, d’où l’expression, « secret de polichinelle ».

___________________________

Colombine

Origine : Francaise (Ricciolina, elle, est italienne)

Profession : Femme de chambre.

Symbolise : Indépendance et franc-parler.

Costume : Colombine est une soubrette. Elle a deux jupons, un corsage à rayures et un tablier blanc. On la voit parfois habillée en Arlequine, du fait de son amour du valet.

Caractère et apparence : C’est une demoiselle qui ne sait garder sa langue dans a poche et a oublié d’être sotte. On la connaît aussi sous les noms de Ricciolina, Diamantine, Marinette, Violette, Caroline,… C’est une fille-mère qui a abandonné son enfant et qui est femme de chambre d’une grande dame de l’aristocratie. Dans certains cas, elle a été séduite par Arlequin puis abandonnée. Par chance, il lui arrive d’être protégée par une fée ou une marraine magicienne qui la fait marier à Arlequin. Comme ce dernier, elle est fondamentalement optimiste, bien que n’ayant plus d’illusion. Elle déborde d’énergie. Elle est piquante et indépendante. Elle sait utiliser les hommes pour parvenir à ses fins. Vis-à-vis de son maître, elle a un sacré franc-parler et reste libre d’agir à sa guise. Elle est la parfaite alliée de sa maîtresse dont elle favorise ses amours.

______________________________

La sorcière

Origine : Inconnue

Profession : Sorcière.

Symbolise : La magie.

Costume : Celui d’une sorcière.

Caractère et apparence : Elle ne donne jamais rien gratuitement, et exige toujours une contrepartie. On la consulte généralement pour qu’elle donne quelque chose, afin de provoquer la mort. Cependant la Commedia dell’arte étant une comédie et ne visant ainsi que le rire, ce n’est jamais la mort qu’elle apporte, mais seulement une apparence de mort. Car, en fin de compte, il y a toujours l’espoir d’un renversement de la situation.

________________________________

 

Lélio

Origine : Inconnue.

Profession : Inconnue.

Symbolise : Le jeune premier.

Costume : En raison de son rang aristocratique, le costume est somptueux, tel un habit de cour. Elle n’a pas de caractéristique particulière. Elle suit la mode de l’époque.

Caractère et apparence : Avec son amour Isabelle, il est à l’origine des amours contrariés, des conflits et des jalousie qui figurent l’aspect psychologique de la Commedia dell’arte. Toute l’action se situe autour des deux amants, qui, eux, sont au-dessus de tous, du commun des mortels, et sont touchants. Lélio a eu plusieurs noms : Florindo, Léandre, Flaminio, Ottavio,… Il est dans les nuages et va utiliser les services de ses valets et de la soubrette, tout en conservant son autorité. Car, il ne faut pas oublier que derrière son apparence sympathique et attendrissante, il deviendra un futur Monsieur Pantalon, que l’on apercevoir dans ses explosions de colère. Sa gestuelle est à la fois baroque et classique.

Isabelle

Origine : Inconnue.

Profession : Inconnue.

Symbolise : La jeune première.

Costume : En raison de son rang aristocratique, le costume est somptueux, tel un habit de cour. De même que pour Lélio.

Caractère et apparence : Avec son amour Lélio, elle est à l’origine des amours contrariés, des conflits et des jalousie qui figurent l’aspect psychologique de la Commedia dell’arte. Toute l’action se situe autour des deux amants, qui, eux, sont au-dessus de tous, du commun des mortels, et sont touchants. Elle est ravissante, gracieuse et raffinée. Elle semble vivre dans un monde à part et lorsqu’une situation devient embarrassante, elle feint un évanouissement. Elle est assez superficielle et adore les bijoux et les chapeaux. Colombine est sa confidente. Mais plus tard, avec le temps, elle deviendra aussi une Madame Pantalon.

________________________

Le Capitaine Matamore

Origine : Espagnol, Français, Italien ou Allemand.

Profession : Capitaine dans l’Armée de son pays.

Symbolise : La guerre.

Costume : Varie en fonction de son pays d’origine. Espagnol, il est empanaché, porte une immense collerette, un large chapeau à plumes et de hautes bottes à revers, sans oublié son épée longue et relevée dangereusement. A l’origine, il était composé également de buffles, d’une longue épée et d’un casque.

Caractère et apparence : Adepte des entrées fracassantes, l’épée à la main, il part au pas de charge vers les coulisses, et en ressort tout aussitôt tremblant. A travers lui, l’on se moque des mercenaires, traînant la misère, pillant les fermes, mais incapables de se battre. Il fait penser à un coq avec une épée. Il se pavane et raconte ses haut-faits, la plupart imaginaires. Il aime à multiplier le nombre de ses ennemis par bravoure. En réalité, c’est un poltron et un faux-brave, qui tremble à la simple idée de se battre. Il tombe facilement amoureux des belles femmes, qui se servent de lui. Sa vantardise perpétuelle en fait également la victime toute désignée d’Arlequin ou de Brighella.

__________________________

Scaramouche

Origine : Inconnue.

Profession : Valet d’un petit seigneur.

Costume : Ne varie jamais : il est tout de noir vêtu.

Caractère et apparence : Il est le fils ou petit-fils de Matamore. Il se prétend prince, marquis, seigneurs de contrées aussi lointaines qu’imaginaires. En réalité c’est un valet, d’un petit seigneur. Il est capable d’accomplir de véritables exploits, comme celui de donner un souffler avec le pied, même à un âge très avancé. N’oublions pas son célèbre interprète, Tiberio Fiorilli, qui fit l’admiration de Molière quand ils partageaient le théâtre du Petit-Bourbon.

III°/Molière et les italiens

L’influence de la Commedia dell’arte sur Molière est si bien remarquable sur ses œuvres que l’on peut sans conteste affirmer que ce dramaturge français a contribué à l’histoire de ce genre. Se partageant d’abord la salle du Palais Royal en 1658, Molière et les Italiens vont longtemps se fréquenter. Molière vouera une admiration extraordinaire pour Tiberio Fiorilli, interprétant le personnage de Scaramouche.

Il va montrer sa parfaite assimilation de leur technique, de leur repertoire, et surtout, ses pièces se finissent toujours bien, et c’est l’une des caractéristiques principales des pièces italiennes. Tous les malheurs qui peuvent s’abattre sur les personnages ne sont qu’éphémères, et il vaut mieux en rire, car, tôt ou tard, un retournement de situation est toujours possible. Comme c’est le cas par exemple dans Tartuffe qui est une succession de malheurs engendrés par l’imposteur, s’acharnant sur ses bienfaiteurs et sur les jeunes amants. Tout semble compromis. Mais c’est alors que, alors qu’il s’apprêtait à faire arrêter ses bienfaiteurs, il se fait, finalement, lui-même arrêter par ordre du roi. Les jeunes amants peuvent alors réaliser leur vœu le plus cher : se marier. On retrouve ainsi les fameux valets, ou zanni, de la commedia dell’arte, mais sous d’autres noms. Ainsi, au lieu d’Arlequin, Brighella, Colombine, Rosaura, nous avons Toinette, Dorine, Maitre Jacques, Sganarelle,… Toujours confidents de jeunes amoureux, ils se chargent de faciliter leurs rencontres et leur mariage, et ils critiquent et taquinent toujours aussi vivement leurs vieux maîtres colériques. Quant aux médecins, ils sont toujours tournés en dérision… Tels Don Juan et son valet déguisés en médecin, se moquant de ces gens là, en affirmant que « ces habits leur donnaient de l’esprit ». Ou encore du Malade Imaginaire , fabuleuse parodie grotesque de toute la médecine, avec ses dialectes incompréhensibles, et ses traitements composés uniquement de lavements et de saignées.

IV°/ Carlos Goldoni

Carlos Goldoni est une personne qui marque un tournant important pour la commedia dell’arte.

Goldoni est né en 1707 à Venise. Il devient avocat. Mais, sa passion pour le théâtre va le pousser à quitter définitivement son métier en 1747, pour se faire engager comme auteur attitré au Théâtre Sant’Agelo, à Venise.

A cette époque, la commedia dell’arte règne encore en maître dans les théâtres italiens et fait figure de tradition nationale.  Or, Goldoni critique avec virulence ce genre théâtral, comme l’illustre sa phrase : « Il ne se passe sur les scènes publiques que de dégradantes arlequinades, d’immondes jeux de mots, des intrigues mal venues et, de plus, malmenées, sans mœurs, sans ordres… » (A noter toutefois qu’il parle ici de la Commedia dell’arte française en pleine décadence à son arrivé en 1762 au pays de Molière).

On le surnomme, « le Molière italien ». Goldoni, restera tout d’abord fidèle à la tradition, mais va petit à petit la faire évoluer ; il fait peu à peu tomber les masques de la Commedia dell’arte en persuadant les comédiens d’apprendre par cœur le rôle de leur personnages, et d’abandonner les réponses improvisées. Il parvient à supplanter les pièces à canevas par des pièces écrites de bout en bout, de plus, il veut remplacer les culbutes (les chutes) et les artifices par la vérité de la vie, montrant des caractères, des personnages réels, avec leurs passions complexes et contradictoire.

Admirateur de Molière, il est également fasciné par la société et ses travers, comme l’illustre bien « La Trilogie de la villégiature ». Selon lui, le 18ème siècle, et le siècle de la femme, régnant incontestablement dans tous les domaines ; que ce soit des arts, de la politique et des relations sociales. Son Arlequin déclare d’ailleurs, dans « Femmine puntigliose » : « Le sexe triomphe et les hommes son réduits au rang d’esclaves enchaînés. » Ses héroïnes de caractère sont nombreuses : le nombre de ses pièces portant des noms féminins le prouve. Ses personnages incarnent le charme et la vivacité de la pièce, et aussi une nouvelle conception de la vie, par les héroïnes, qui, cette fois ne repose pas uniquement sur le mariage. Ses héroïnes annonce l’émancipation et le réveil féminin.

En 1962 Goldoni arrive en France, il y passera ses trente dernières années. Il présentera sa « réforme » du théâtre au roi Louis XV, et mourra en 1793.

Il faut comprendre que Goldoni n’a pas détruit l’image de la Commedia dell’arte, il apporte juste un nouveau théâtre en Italie, Tout comme Molière l’a fait en France.

V°/ XVIIIème : La révolution des Zanni

Au début du XVIIIème siècle, sous l’influence des évolutions politiques et sociales, les valets vont adopter une nouvelle psychologie. Ils deviennent plus arrogants, sûrs de leur valeur, voire de leur supériorité. Brighella et Arlequin, avant, se reconnaissaient certes pauvres et dépendants de leur maître. Même si cela ne les empêchait pas de les tourmenter, ils avaient admis cette situation sociale, économique et hiérarchique. Désormais, ils sont plus optimistes, et, tel Figaro, ils ont l’espoir que leur situation sociale un jour s’inversera.

Le titre « Crispin rival de son maître », de Regnard, est parfaitement évocateur de cette nouvelle psychologie. Dans la pièce de Beaumarchais, Figaro, pour épouser Suzanne, n’hésitera pas à revendiquer ses droits et réclamer les avantages de la noblesse. Les valets ne sont plus violents, mais rusés désormais. Fini les bastonnades de foire. Mais les ressorts comiques restent les mêmes : le hasard triomphant, les travestissements, les quiproquos, et les fins joyeuses.

************

Le théâtre de la Renaissance

Notes par Gilbert JULIEN

Renaissance : A ce formidable  bouleversement de la civilisation le théâtre semble d’abord rester étranger. Comme si rien n’avait changé dans la vie matérielle et économique. Comme si les grandes découvertes, Copernic et la méditation des humanistes n’avaient pas imposé une nouvelle image de l’homme et de sa place dans le monde, la vie théâtrale du XVI° siècle se poursuit à l’identique du XV° siècle et propose les mêmes spectacles le «  menu peuple » mais aussi pendant longtemps les clercs, les intellectuels  se pressent devant les tréteaux pour voir les jeux édifiants, moraux ou joyeux du moyen âge tardif qu’on les combine (un mystère ou une moralité une farce, souvent) ou qu’on les représente seul, non seulement les genres médiévaux passent tels quels au XVI° siècle, mais il y restent vivants parfois jusqu’à l’aube du siècle suivant. Ni naissance ni renaissance en ce domaine..

Pourtant ce théâtre de forme médiévale ne peut échapper au changement ni aux révolutions qui marquèrent profondément et durablement la société. L’imprimerie ou la multiplication des comédiens et des troupes professionnels surtout amenèrent de sérieuses inflexion dans la diffusion et la réception de tels spectacles. Mais les genres médiévaux ont subi le contrecoup des déplacements et failles culturels et religieux qui traversèrent le XVI° siècle ; ils se virent ignorés ou utilisés, contestés, voire interdits. Au XVI° siècle les acteurs amateurs, écoliers ou comédiens professionnels mélangent dans leurs représentations le religieux et le profane , on jouait à la suite histoires c’est-à-dire mystères et farces ou jeux moraux et farces joyeuses ;

La Renaissance voit naître la volonté des souverains de mieux contrôler les divertissements populaires subversifs, notamment les sotties qui ridiculisaient régulièrement les membres de la famille royale et de l’Église, avec parfois un contenu politique particulièrement partisan. C’est cependant l’Église, échaudée par la Réforme, qui va promulguer la première interdiction complète : c’est celle des mystères, en 1548. La même année, la première « comédie régulière », à l’imitation de l’antique, est présentée devant le roi Henri II à Lyon : il s’agit de La Calandria, à laquelle le roi et la reine font un triomphe, ainsi qu’à son instigateur Maurice Scève, montrant bien la préférence du pouvoir pour les genres « nobles » hérités de l’antique, et surtout sans référent social contemporain. Plusieurs représentations royales vont par la suite installer la tragédie comme divertissement de cour, mettant à l’occasion en scène la famille royale elle-même[1]. La comédie ne connaîtra pas le même honneur, et après quelques représentations royales tantôt glorieuses tantôt calamiteuses des spectacles d’Etienne Jodelle notamment, tous les types de comédies furent interdits par édit du Parlement de Paris de 1588 à 1594, scellant ainsi le destin du théâtre médiéval et populaire. Cette période vit cependant refleurir l’art du mime comique, celui-ci n’étant pas soumis à la nouvelle loi, et la farce continua d’exister sous des formes plus ou moins clandestines.

Definition de la Farce :

                           « La farce est un genre dramatique qui a comme but de faire rire et qui a souvent des caractéristiques grossières, bouffonnées, et absurdes. »

En 1549, Joachim du Bellay encourage les écrivains à restaurer le modèle antique. Si le texte du théâtre médiéval était le produit d’une commande passée par un organisateur à un écrivain anonyme (par exemple pour les mystères), le rapport littéraire s’inverse alors : ce qui devient premier, c’est l’œuvre, l’écriture dramaturgique, mais aussi les dramaturges, qui ne sont plus anonymes et s’affirment comme écrivains, en brandissant à l’occasion leur portrait en tête du livre, habitude fréquente chez les poètes de la Pléiade.

Ce nouveau théâtre renouvelle les sujets, ceci lui permet de s’ouvrir à de nouveaux horizons parfois délaissée par le théâtre médiéval, où le mystère invitait seulement le croyant à délaisser le pêché et à réintroduire un univers philosophique.

À l’époque, trois ouvrages sont connus par les lettrés, l’Art poétique d’Horace traduit en 1541, l’Art de la grammaire de Diomède et le traité De la tragédie et de la comédie de Donat. Les principes d’Horace sont généralement appliqués : pièces de 1500 à 2000 vers, majoritairement en vers, découpées en cinq actes avec dans la tragédie interventions de chœurs qui marquent des pauses lyriques à variations multiples. Les dramaturges grecs tels Sophocle et Euripide sont traduits mais c’est surtout Sénèque dont on admire le style et la rhétorique qui va être imité par les premiers tragiques. Pour la comédie, c’est surtout Térence qui servira de modèle, devant Plaute.

La Poétique d’Aristote, traduite pour la première fois en 1571, n’est apparemment que très peu lue par les dramaturges du XVIe siècle, et aucun de ses concepts n’est utilisé par les théoriciens (notamment la catharsis et la mimesis, qui seront centraux à l’âge classique), ce qui autorise à penser qu’elle n’est dans tous les cas pas considérée comme une référence normative majeure. Seuls Jacques Grévin et Jean de La Taille y font vraiment référence, le premier très allusivement dans son Brief Discours pour l’intelligence de ce Théâtre,

Définition de la sotie

La sotie, ou sottie, est une pièce politique, d’actualité, jouée par les Sots ou les Enfants-sans-Souci. Les Sots fondent leur système de satire sur cette hypothèse que la société tout entière est composée de fous. Par-dessus leur costume, ils revêtent les attributs qui désignent tel ou tel état, telle ou telle fonction : le juge, le soldat, le moine, le noble, etc.

M. Em. Picot, dans son étude sur la Sotie en France (in-8, 1878), compte vingt-six pièces de ce genre. Il fait remarquer que la sotie était souvent représentée avec une farce et une moralité, dans des spectacles multiples ; dans ce cas on commençait par la sotie, sorte de parade bouffonne. La Sotie n’eut pas toujours pleine liberté ; sa plus brillante période se place sous Louis XII.

En 1508, les Enfants-sans Souci jouent le Nouveau Monde, dont l’auteur probable est André de la Vigne; la pièce est relative à l’abolition de la Pragmatique Sanction de Bourges par Louis XI, et aux espérances de son rétablissement par Louis XII.

En 1512, Pierre Gringoire, ou Gringore, fait représenter le Jeu du Prince des Sots, pièce dans laquelle il attaque violemment, avec la permission du roi et en sa présence, le pape Jules II et l’Église. Cet ouvrage comprend un grand nombre de personnages, entre autres : le Prince des Sots figure le roi Louis XII ; Mère-Sotte, l’Église ; Sotte-Commune, c’est le peuple, etc. Le Jeu du Prince des Sots est une série d’allusions satiriques, d’actualités vivement exprimées par les contemporains. Elle était suivie d’une moralité intitulée : Peuple français, Peuple italique, l’Homme obstiné, consacrée elle aussi aux démêlés de Louis XII avec le pape Jules II ; celui-ci étant l’Homme obstiné. Plus que jamais donc se manifeste le formidable appétit d’images théâtrales du public. Ce que nous saisissons des conditions de la représentation des mystères au XVI° siècle répète le plus souvent ce que nous savons du XV°° siècle Mais s’il est un point sur lequel insistent les documents qui se font alors plus nombreux et plus détaillés c’est la richesse du spectacle costumes  décors  machineries ; une mise en scène somptueuse enchâsse ces longs mystères des longues  Histoires dans une mise en scène merveilleuse voilà ce qu’on continue d’attendre du théâtre populaire des mystère des comptes rendus ou le chroniques…

La comédie quant à elle, qui voulut rompre avec la tradition médiévale, ne s’imposa pas, on n’en compte guère plus d’une vingtaine. Elle résulte également de l’imitation des pièces de l’antiquité et essentiellement du comique latin Térence, un des auteurs les plus lus du XVIe, les grecs étant peu connus ou trop politiques (notamment Aristophane). Elle emprunta également à la Commedia erudita, comédie italienne florissante dans la première partie du XVIe elle-même issue de la comédie antique de Plaute et de Térence, représentée en Europe et à la cour de France.

Tout comme la tragédie, la comédie se veut reflet, miroir de la société. Elle raconte comme chez les latins les amours contrariés de jeunes filles et gens mais transposées dans la France de la Renaissance, avec parfois des références à l’actualité telles les guerres de l’époque : les lieux sont parfois familiers du public, certaines pièces se déroulent à Paris, et le cadre permet à l’occasion de peindre le milieu bourgeois à travers l’intrigue. Les français, comme les italiens ont adapté leur théâtre aux mœurs de leur temps.
On peut distinguer deux périodes dans cette production théâtrale, la génération de la pléiade (Grévin, La Taille, Belleau…) qui illustre une approche nouvelle de la Comédie et en ouvre la voie ; on y trouve une intention militante et polémique et parfois polémique (notamment L’Eugène de Jodelle), puis la seconde génération, à partir des années 1570 qui ne cherche plus à révolutionner le genre (Pierre de Larivey, Odet de Turnèbe…) mais qui impose la comédie à l’italienne dont l’influence restait très discrète chez les premiers, plus patriotes.

On peut également évoquer la commedia dell’arte, terme inventé par Goldoni pour désigner cette forme de dramaturgie en 1750, fit son apparition en France et diffusa son théâtre qui connut un grand succès et certains acteurs une notoriété. À partir de canevas ou sogetto esquissés sommairement, on improvise des spectacles, le travail de l’acteur étant un travail de composition et de jeu qui met en relief son talent et où les rôles se répartissent en types. Chaque type se reconnaît par ailleurs au masque qu’il peut porter, certains personnages en étant dépourvus. Quant à l’amour, il est l’unique enjeu de la pièce.

Mais, un siècle avant Goldoni, un dramaturge vénitien du XVIe siècle, Angelo Beolco, dit Ruzzante, inventait une nouvelle forme de théâtre. Dario Fo, qui a une admiration sans bornes pour celui qu’il considère comme son « plus grand maître avec Molière », lui rendit un hommage appuyé dans le discours qu’il prononça à Stockholm, en 1997, pour la réception du Prix Nobel de littérature. Pour lui, Ruzzante est « un extraordinaire homme de théâtre de ma terre, peu connu … même en Italie. Mais qui est sans aucun doute le plus grand auteur de théâtre que l’Europe ait connu pendant la Renaissance avant l’arrivée de Shakespeare[5]. » Il insista sur la qualité du théâtre de Ruzzante, qu’il considère comme « le vrai père de la Commedia dell’arte, qui inventa un langage original, un langage de et pour le théâtre, basé sur une variété de langues : les dialectes de la Vallée du Pô, des expressions en latin, en espagnol, même en allemand, le tout mélangé avec des onomatopées de sa propre invention[5]. »

Les troupes

Le premier théâtre de cette époque est construit à l’Hôtel de Bourgogne par les Confrères de la Passion et de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ en 1548, qui le louent à des troupes ambulantes tout en gardant les recettes. En 1624, Pierre Le Messier dit Bellerose parvient a installer sa propre troupe à l’Hôtel de Bourgogne, et en 1628, les comédiens du roi s’y installent. Alexandre Hardy et Valleran Le Conte y produisent plus de six cents pièces souvent d’influence espagnole et italienne.

En 1634, le Théâtre du Marais, concurrent de l’Hôtel de Bourgogne, accueille une troupe dirigée par Guillaume Desgilberts dit Mondory. Il accueille notamment la création du Cid de Pierre Corneille en 1637, la pièce trouve un grand succès auprès du public malgré un certain scandale: l’écriture ne respectant pas entièrement les règles classiques

Le théâtre du Marais brûle en 1644 et sa reconstruction, fortement inspirée des théâtres italiens, permet le début de la mode des pièces à grand spectacle, pièces à machines, dans lesquelles les mécanismes complexes des décors prennent le pas sur l’intrigue et l’écriture littéraire.

Les œuvres

Le corpus théâtral renaissant est particulièrement hétérogène, et s’il comporte à peine une vingtaine de comédies régulières et à peine plus de tragédies, il est enrichi par de nombreuses pièces de genres variés et souvent transversaux, plus ou moins inspirées de l’antiquité.

*********

Le théâtre français et esthétique classique au XVIIe siècle

Notes par Hélène Sanches Pereira, Lucille Kokolo Nocente, Deborah Valentin

– XVIIe siècle : Age d’or du théâtre

– Auteurs principaux : Racine, Corneille, Molière

Théâtre de cours

– Farce est le genre mondain le plus apprécié par les bourgeois et les gens du peuple

– Mort de Mazarin en 1661 le roi Louis XIV quitte paris pour Versailles

– Roi soleil grand amateur de divertissement partagé par « Monsieur» son frère

– Monsieur prend sous son aile Molière qui fera jouer à Versailles la comédie de ballet de

la princesse d’Eliade (pendant 25 ans)

– 1680 Louis XIV roi vieillissant se tourne vers Dieu et renonce aux plaisirs qui ont

ponctué son règne

– L’unique lieu de la vie redevient Paris

Le théâtre à Paris 

Paris = seule ville à connaitre une activité théâtrale régulière dans des lieux consacrés

Province = lieu de passage

Les salles

1548 : Construction d’une salle de théâtre à l’hôtel de Bourgogne par la troupe Confrère de la passion. Pendant longtemps en France on n’imaginera des salles uniquement à partir de ce modèle.

Le théâtre de collèges

Il s’agit de théâtre scolaire, favorisé par différentes confréries religieuses comme outil pédagogique.

Acteurs et troupes

Les acteurs français ne se spécialisent pas, ils jouent aussi bien la tragédie que la comédie. L’attribution des rôles des acteurs se fait généralement en fonction de leur autorité, de leur position dans la troupe. L’identité d’un acteur se fait par rapport à la troupe à laquelle il appartient.

Vie économique

La profession de théâtre peu rentable.

Le loyer des salles représente un financement important

Jouer à la recette implique de jouer une représentation au gout du public et donc de pouvoir constamment renouveler les pièces en plus de gérer la patience des fournisseurs  et les attaques, bassesses de la concurrence.

Parfois les troupes investissent une partie de leur argent dans une claque. De la même manière il existe des contre claques .Cette pratique ne suffit pas à assurer la survie de la profession. Pour survivre le théâtre professionnel a besoin de subventions.

Au XVIIe on connait deux types d’aides :

Le clientélisme et le mécénat.

C’est sous ses deux pratiques que la création théâtrale se développe en France et sous Louis XIV qui deviendra mécène de l’art parisien.

Fusion et monopoles

– Fin du siècle, renforcement de l’activité théâtrale en France par une importance

politique qui plaçait les troupes sous l’autorité royale

– 1672 l’opéra prend le monopole. Toutes les compositions lyriques sont confiées à Jean

Baptiste Lulli

– La fermeture du théâtre du Marais représente un changement.

– Les 2 troupes fusionnent et forment dans le jeu de paume de l’Hôtel Guénégaud une

troupe unique jusqu’en 1680

– Décret de Colbert ordonne la fusion de cette troupe et l’hôtel de bourgogne ◊

Naissance de la comédie française

– Le théâtre ne possède plus le même soutient ◊ le roi s’en remet à l’église et blâme le

théâtre pour son immortalité et sa futilité.

– 1697 le roi chasse les comédiens qui reviendront en 1716 après sa mort.

L’acteur dans la société 

Le métier de comédien se pratique et se transmet d’ailleurs en famille.

Entre les années 1630 et 1670 : admiration portée aux comédiens. C’est l’effet de voix et de diction et le charisme des comédiens qui provoquent l’émotion de la représentation théâtrale. Cependant l’attirance de la société envers les comédiens reste limitée puisque la morale religieuse conteste et condamne les comédiens.

Le mépris à l’encontre des acteurs est néanmoins limité par le pouvoir royal. En 1641 Louis XIII a fait publier une déclaration visant à protéger les comédiens des blâmes et autres préjudices. La mode du théâtre et le pouvoir royal ne réussissent pourtant pas à rétablir l’honneur d’une « profession suspecte » (vis-à-vis du domaine religieux)

Les acteurs sont excommuniés et doivent renier leur profession s’ils veulent avoir une sépulture chrétienne et être réintégré dans la communauté.

Molière s’est d’ailleurs vu refusé une telle sépulture et il faudra l’intervention personnelle du roi pour que Molière soit enterré dans un cimetière chrétien.

L’Académie française

– 1635 création de l’Académie française

– Batailles entreprises pas les écrivains pour rénover la langue et la littérature à partir de

l’héritage des anciens.

– En la créant Richelieu constitue un corps qui aura pour but d’officialiser ces réflexions

et imposer à tous une norme de la langue et de la littérature

– Importance centraliste de l’ADF

Les grands genres dramatiques 

Au XVIIe siècle les deux grands genres nobles sont la comédie et la tragédie.

Elles sont régies par l’esthétique classique :

  • pièces divisées en cinq actes
  • début de la pièce accompagnée d’une longue exposition

composition en alexandrin

Les genres mixtes 

Les gouts différents d’un public divers favorise le développement des genres mixtes au théâtre comme la tragi-comédie ou encore d’autres genres éphémères.

Les comédies ballets ont été créées par Molière avec sa comédie Les Fâcheux en 61. Le succès de cette formule pousse Molière à continuer dans cette voie avec sa comédie Le malade imaginaire en 73.

C’est encore Molière qui crée le genre des tragédies ballets avec Psyché en 71 en réponse à une commande royale.

En parallèle Mazarin implante en France l’opéra italien qui connait un succès à la fin des années 1640.

Le schéma d’un théâtre à décor unique est  concurrencé par le spectacle à machines.

Les spectacles à machines impliquent une mise en scène qui se veut spectaculaire et qui en mettent plein la vue.

La mixité de cette forme de spectacles s’achève vers la fin des années 1670 période où l’opéra prend son indépendance.

Comédie

– Mettra du temps à s’imposer dans les salles parisiennes

– Concurrencé par la comédie italienne, les genres mixtes + la farce appréciés du public

– 1630 réussie à s’intégrer

– Consiste à blâmer les mœurs « castigat ridendo mores »

– Différent de la comédie tragique. Comédie française genre omniprésent dans les siècles à venir

et imité par l’Italie.

Molière

C’est entre les années 1662 et 1666 avec L’Ecole des femmes, Tartuffe, Dom Juan ou encore Le Misanthrope que Molière doit son prestige et aussi la protection du roi et du public de part les sujets variés que traite ces 4 grandes comédies. S’inspirant du jeu italien Molière joue sur le genre de la farce et de la comédie en mélangeant leurs procédés.

L’action des comédies qu’écrit Molière est  loin d’être classique. Ce n’est pas l’action elle-même qui se met en place dès le début dans ses pièces mais souvent des discussions.

Il y a une réelle complexité dans l’action :celle-ci dépasse parfois la double intrigue. Molière écrit d’abord ses pièces pour susciter le rire provoqué par l’excès et la démesure.

La comédie moderne reste la vraie innovation de Molière (comédie tient à la fois au personnage mis en scène et au lieu où l’action se passe).

Molière ouvre sur un théâtre psychologique c’est à dire un théâtre où les bourgeois ne dépendent pas des codes de la farce ou encore de la tragédie

Les comédies qui suivront seront donc marquées par la dramaturgie de Molière.

La tragédie

La tragédie classique est composée de cinq actes et le nombre de scènes par acte varie. L’action est issue de l’histoire ou de la légende ; les personnages sont généralement illustres et sont tourmentés par de fortes passions. La tragédie classique avait ses règles, dont la règle des trois unités  (unité d’action, unité de temps, unité de lieu)

  • L’unité d’action : les intrigues secondaires sont proscrites. Cela permet de concentrer l’intérêt dramatique sur le sujet principal de l’œuvre, de simplifier l’intrigue.
  • L’unité de temps : la durée de la représentation théâtrale doit coïncider avec la durée de l’action représentée. À la différence du théâtre baroque où les événements pouvaient s’étendre sur plusieurs jours, mois, voire plusieurs années, l’action des pièces classiques n’excède pas les vingt-quatre heures. Cette règle permet d’éviter l’invraisemblance.
  • L’unité de lieu : l’action doit se dérouler en un lieu unique. L’espace scénique coïncide ainsi avec le lieu de l’action représentée.

Les règles de la bienséance devaient être aussi respectées afin de ne pas choquer le public. La vraisemblance était également de rigueur.

Les thèmes tragiques sont souvent l’héroïsme, l’honneur et la vengeance, l’amour, la fatalité, l’homme face à son destin, etc. Le dénouement d’une tragédie est souvent malheureux (par exemple : la mort).

Corneille et Racine

Ils sont les deux grands auteurs tragiques du XVIIe siècle.

Corneille se fait connaître après le Cid, quand il crée une longue série de tragédie à fin heureuse. Pour lui, la tragédie s’évalue à la auteur du péril dans lequel risque de tomber le héros. Le héros cornélien n’est pas marqué par la fatalité, il est libre de choisir son destin.

On lui oppose Racine dans la mesure ou il est considéré comme le champion de la tragédie du devoir et lui celui de l’amour.

Son héros n’est généralement pas libre, soumis à la passion pour l’être aimé.

Poétiques et dramaturgies

Les poètes dramatiques sont aussi bien des auteurs de pièces que des auteurs de discours sur le théâtre.

Entre les années 1640 et 1670 il ne faut pas oublier que la popularité du théâtre tient au fait que les auteurs se préoccupent de la présence des spectateurs. Au siècle classique “la poétique” laisse place à la dramaturgie vivante (le poème dramatique n’a plus le statut unique d’œuvre littéraire). Pour les auteurs le spectateur est le destinataire principal des pièces et se place comme son meilleur juge. C’est donc avant tout pour le spectateur que les auteurs écrivent leurs pièces.

En 1660 Corneille rappel Qu’Aristote disait déjà que ” la poésie dramatique a pour but seul le plaisir des spectateurs” et envisage d’autres fonctions que celle de la purgation des âmes (fonctions d’utilité).

Le théâtre apprend au spectateur à distinguer les vices et les vertus et à choisir les vertus qui ont à elles seules une issue heureuse dans la fable dramatique contrairement aux vices. Le théâtre a donc un but édificateur.

Théâtre au XVIIe siècle – la suite

notes par Pawel Hladki

Pierre Corneille (1606-1684) :

a)    ses œuvres dominent la scène française de la première moitié du XVIIe siècle

b)   l’héroïsme – c’est le trait particulier de l’action de ses pièces, ce qui est typique pour cette époque

c)    les héros cornélien sont des êtres qui, par leur seule force morale et leur seule volonté, s’élèvent au-dessus de l’humanité

d)   il est d’abord l’auteur des comédies dont Mélite (1629) ouvre la voie

e)    en 1629, il présent une tragi-comédie Le Cid qui déclenche une importante polémique connue sous le nom de « querelle du Cid » :

  • on reproche à l’auteur de ne pas avoir respecté les règles d’Aristote sur la tragédie
  • Le Cid était joué sur une scène compartimentée ce qui s’oppose à la règle de l’unité de lieu
  • l’action se déroulait en 36 heures au moins, alors que l’unité de temps exige une action de 24h au maximum
  • l’unité d’action semblait être également compromise par la présence d’une jeune femme, amie de Chimène, également amoureuse du héros (Rodrigue)

f)     principales œuvres :

  • 1629 Mélite (comédie)
  • 1635 Médée
  • 1636 Le Cid
  • 1640 Cinna
  • 1642 Polyeucte

Don Diègue et le comte de Gomès ont décidé d’unir leurs enfants Rodrigue et Chimène, qui s’aiment. Mais le comte, jaloux de se voir préférer le vieux don Diègue pour le poste de précepteur du prince, offense ce dernier en lui donnant un soufflet. Don Diègue, affaibli par l’âge et trop vieux pour se venger par lui-même, remet sa vengeance entre les mains de son fils Rodrigue qui, déchiré entre son amour et son devoir, finit par écouter la voix du sang et tue le père de Chimène en duel. Chimène essaie de renier son amour et le cache au roi, à qui elle demande la tête de Rodrigue. Mais l’attaque du royaume par les Maures donne à Rodrigue l’occasion de prouver sa valeur et d’obtenir le pardon du roi. Plus que jamais amoureuse de Rodrigue devenu un héros national, Chimène reste sur sa position et obtient du roi un duel entre don Sanche, qui l’aime aussi, et Rodrigue. Elle promet d’épouser le vainqueur. Rodrigue victorieux reçoit du roi la main de Chimène : le mariage sera célébré dans un délai d’un an

2.    Molière (1622-1673) Jean- Baptiste Poquelin

a)    son vrai nom – Jean-Baptiste Poquelin

b)   fonde à Paris l’Illustre Théâtre qui fait faillite des lors il parcourt avec sa troupe le province

c)    écrit des farces et des comédies inspirées par la commedia dell’arte qui de retour à Paris obtient un vif succès

d)   ce qui lui fait obtenir un soutien financier du frère du roi Louis XIV

e)    1659, Les précieuses ridicules est un triomphe et inaugure la comédie des mœurs  en France – pièces où sont analysées des comportement sociaux

f)     en 1661, Molière et sa troupe s’installent définitivement au Palais-Royal – actuel siège de la Comédie-Française

g)    il meurt en 1673 lors d’un spectacle où il joue le malade titulaire dans Le Malade imaginaire – le public qui croyait à un jeu d’acteur ne s’en aperçoit de rien

h)   principales œuvres :

  • 1659, Les Précieuses ridicules
  • 1662, L’École des femmes
  • 1664, Tartuffe
  • 1664, Dom Juan
  • 1669, L’Avare
  • 1670, Le Bourgeois gentilhomme
  • 1672, Les Femmes savantes
  • 1663, Le Malade imaginaire

Tartuffe (1664, version en 3 actes) résumé :

Orgon est un bourgeois instruit et intelligent. Mais un jour il introduit chez lui un certain Tartuffe, qui se présente sous les dehors du plus parfait dévot. Orgon éprouve tant d’admiration et de confiance pour cet homme qu’il prend pour un « saint personnage », qu’il lui lègue toute sa fortune et veut lui donner sa fille Marianne en mariage. Mais Tartuffe est un hypocrite qui essaie de séduire la propre femme d’Orgon, Elmire. Celle-ci, pour le démasquer, feint de lui donner un rendez-vous galant ; Orgon, caché sous la table, entend tout et se rend enfin à l’évidence. Il veut alors chasser Tartuffe de chez lui, mais il n’en a pas le pouvoir, puisqu’il lui a légué tous ses biens. Heureusement, l’intervention du roi amène le châtiment du coupable.

–       Tartuffe est un modèle de comédie de caractère

–       Tous les personnages y sont vivants et intéressants

–       La pièce déclenche de nombreuses controverses chez les dévots du XVII siècle

Jean Racine (1639-1699) :

a)    considéré comme l’auteur tragique français par excellence

b)   il emprunte aux tragédies grecques le thème de l’individu accablé par la fatalité, celle-ci prenant souvent la forme d’une passion impossible

c)    ses personnage, plus crédibles que ceux de Corneille, souffrent et se déchirent jusqu’à la crise finale

d)   son théâtre surprend cependant de l’économie d’expression au profit d’une analyse de passion

e)    principales œuvres :

  • 1667, Andromaque
  • 1670, Bérénice
  • 1677, Phèdre

Phèdre (1677) – résumé :

La fausse nouvelle de Thésée amène sa femme, Phèdre, à avouer son amour pour son beau-fils, Hippolyte. Celui-ci la rejette. Pour éviter la jalousie de Thésée qui revient, elle accuse, sur les conseils de sa nourrice Oenone, son beau-fils d’avoir voulu la séduire. Thésée maudit son fils. Phèdre, qui apprend qu’Hippolyte aime Aricie, ne fait rien pour le défendre. Oenone, chassée par Phèdre se suicide. Hyppolite est tué par l’intervention d’un monstre marin et Phèdre s’empoisonne. Dans son agonie, elle avoue à son mari sa passion coupable.

**************

Le théâtre au 18ème siècle

Notes par Yorhann AMORY et Chaïma AMRANI

Que ce soit à Paris ou en province, les nobles et bourgeois aisés apprécient le théâtre.

A Paris, ils se rendent dans l’un des quatre théâtres de la ville : – La Comédie Française
– L’Opéra
– Le théâtre des Italiens (rappelé en 1715)

– L’Opéra Comique

De plus, les théâtres de foire et les théâtres de boulevard prolifèrent dès 1595, à St Laurent et St Germain des Prés; pièces courtes, en plein air sur des tréteaux, après de multiples interdictions, ils donneront naissance au mime et à l’Opéra comique.

En province, on trouve peu de théâtre mais pendant la Régence, ceux ci se multiplient ; on y joue les mêmes types de pièce qu’à Paris.

De 1715 à 1750, il y aura 266 créations théâtrales : un record !

La Comédie Français est le Théâtre-français, fondée en 1680, elle regroupe trois troupes, celle de Molière, celle du Marais et celle de L’hôtel de Bourgogne.

Avec le théâtre des Italiens,il y a une rupture avec des représentions plus dynamiques. Le jeu italien mobilise tout le corps de l’acteur. Diction plus naturelle. Grande cohésion: Lélio en est le directeur. L’usage ancien de l’improvisation renforce les échanges entre les acteurs.

Catherine de Médicis fera venir une troupe à Paris en 1570 (Renaissance). Les comédiens italiens seront bannis en 1697, ils sont accusés de parler trop souvent français. Ils seront rappelés par le Régent, en 1715. Ils jouent d’abord en italien et ensuite en français.

C’est dix-neuf ans après la mort de Louis XIV, qui avait chassé la troupe des Comédiens Italiens, que le Régent les rappelle ; la troupe s’installera à l’hôtel de Bourgogne. En 1762, la troupe des comédiens Italiens fusionnera avec celle de l’Opéra comique. A partir de 1773, le théâtre français attaque la troupe ce qui conduira, en 1779, à l’interdiction de représenter des pièces italiennes. Le théâtre des Italiens, dont la particularité est la présence d’une fosse d’orchestre qui conduit à un espace de jeu réduit a longtemps utilisé le masque en guise de costumes.

Piqûre de rappel : en 1545 : En Italie, premières troupes professionnelles : La comedia dell’arte. = comédie de masques. Textes improvisés à partir d’un thème, d’un canevas réglé d’avance = un scénario. Les personnages sont des types très populaires. Masques portés sur la partie supérieure du visage sauf pour les femmes et les jeunes amoureux.

La scène est rectangulaire ou trapézoïdale. La salle est éclairée durant toute la représentation par un système de chandelles jusqu’en 1784 : apparition des quinquets = lampes à huiles.les risques d’incendie sont élevés.

Les spectateurs sont debout sur le parterre, Les nobles sont présents sur la scène jusqu’en 1759. On vient pour se montrer en public. Les banquettes feront leur apparition à la Comédie-Française en 1782.

Il n’y a pas de metteur en scène, souvent le dramaturge est chef de troupe. Beaumarchais, sera le premier metteur en scène à se nommer comme tel.

Les représentations se font à 17 heures et s’achèvent vers 21h avec deux œuvres : une longue et une plus courte.

Le public,joyeux et bruyant,est constitué d’habitués et de versatiles (surtout les provinciaux et les étrangers). La « claque » impose toujours sa loi. Les décors sont pauvres et assez conventionnels.

La condition des acteurs et leur niveau de vie augmente peu à peu.

Les œuvres ne sont pas protégées et la notion de droits d’auteurs n’a pas encore été exploitée.

En 1777, Beaumarchais obtient de Louis XVI la création de la Société des Auteurs.

Beaumarchais « invente » le droit d’auteur…

Beaumarchais souhaitait défendre le droit des auteurs face à l’omnipotence des Comédiens français. Il fonde en 1777 la première société des auteurs dramatiques.

Dans l’histoire du théâtre, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais est notamment l’auteur immortel de deux comédies uniques et originales : Le Barbier de Séville (1775) et Le Mariage de Figaro (1784). Haï puis adulé des philosophes des Lumières, Beaumarchais véhicule avant l’heure une pensée « révolutionnaire » dans ses œuvres placées sous le signe d’une apparente frivolité. Mondain, fréquentant avec délice les salons de l’aristocratie, cet ancien horloger n’en est pas moins un homme d’affaire avisé, conscient de son talent et du bénéfice qu’en tirent parfois les autres. Le 3 juillet 1777, lors d’un souper auquel il convie une trentaine d’auteurs, Beaumarchais propose la fondation de la première société des auteurs dramatiques. Il vient alors de connaître avec Le Barbier de Séville un succès retentissant dont les dividendes sont pourtant loin de lui être acquis. Les Comédiens français bénéficient alors d’un monopole qui contraint chaque auteur d’une pièce en vers de leur proposer de jouer ses textes. La rétribution de l’auteur par la Comédie-Française est alors minime, sans commune mesure avec le succès d’une pièce comme Le Barbier de Séville. La lutte engagée par Beaumarchais en 1777 aboutit en 1791 à la reconnaissance légale du droit d’auteur par l’Assemblée Constituante.

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (photo) ,est né le 24 janvier 1732 à Paris,est l’une des figures emblématiques du siècle des Lumières.
Introduit à la cour, habile courtisan et homme d’affaires avisé, Beaumarchais utilise

la comédie pour faire une satire radicale de la société française, condamnant notamment les privilèges de la naissance et de la fortune, et faisant l’éloge de la liberté dans ses pièces les plus célèbres,le Barbier de Séville (1775) et le Mariage de Figaro (1784).

La censure est toujours active comme en témoignent, sous Louis XVI encore, les difficultés de Beaumarchais pour son Mariage de Figaro.
Elle est plus que jamais la règle, elle se fait soit :

– par le public
– par la Comédie française
– par le pouvoir en place (qui à partir de 1709,

censure les pièces désormais écrites) .

Le Mariage de Figaro : 1784 – comédie en 5 actes

Comme le Barbier de Séville, cette pièce reçoit un
accueil chaleureux du public.
Selon Beaumarchais toujours : « La plus badine des intrigues. Un grand seigneur espagnol (un héros picaresque ou picaro), amoureux d’une jeune fille qu’il veut séduire, et les efforts que cette fiancée, celui qu’elle doit épouser et la femme du seigneur, réunissent pour faire échouer dans son dessein un maître absolu, que son rang, sa fortune, sa prodigalité rendent tout-puissant pour l’accomplir. Voilà rien de plus. La pièce est sous vos yeux ». L’originalité et l’intérêt de la pièce sont ailleurs, dans la critique des abus de l’époque. L’intrigue masque les messages sociaux dans un mouvement de débauche, de gaieté et d’énergie. Figaro veut épouser Suzanne. Marceline, la vieille gouvernante de Bartholo, veut épouser Figaro qu’elle tient par la reconnaissance de dette qu’il a jadis signée. Elle n’a pas encore reconnu en lui le fils qu’elle a jadis perdu. Le comte Almaviva (l’ancien partenaire de Figaro est devenu son adversaire) prétend ravir Suzanne à Figaro. La comtesse Rosine espère bien reconquérir son époux volage. Le jeune Chérubin, amoureux de sa marraine, fait figure de rival ingénu du comte, dont il suscite la colère…

Il s’agit véritablement d’une comédie d’intrigue, mais aussi d’une comédie satirique puisque la justice est ridiculisée. La condition des femmes est évoquée : « traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes » s’exclame Marceline. Les injustes privilèges de la société féodale sont dénoncés « vous vous êtes donné la peine de naître, rien de plus » remarque à juste titre Figaro dans sa tirade à l’acte V scène 3. Beaumarchais remet donc en cause le principe de la naissance. Ainsi la rivalité entre le comte et Figaro semble un conflit historique ou politique entre un Ancien Régime moribond, s’accrochant à ses privilèges iniques, et un monde nouveau plein de jeunesse, de promesses et d’incertitudes. Le Mariage de Figaro n’est certes pas une pièce révolutionnaire, (il s’en défend d’ailleurs dans sa préface, même si cela semble aussi une manière de se protéger des censeurs) mais il justifie sans doute le mot de Beaumarchais : « qui dit auteur dit oseur ». Cette pièce a été censurée pendant 4 ans et interdite durant l’occupation allemande. Elle dénonce les abus de l’époque, les privilèges et l’ancien régime. Sa critique exposée de manière théâtrale est osée puisqu’elle est présentée directement à un public dont la réaction est immédiate.

On distingue :
– les acteurs-auteurs (comme Dancourt)
– les auteurs riches,comme François-Marie Arouet, dit Voltaire, né le 21

novembre 1694 à Paris où il est mort le 30 mai1778, est un écrivain et philosophe qui a marqué le XVIIIe siècle et qui occupe une place particulière dans la mémoire collective française. Il esquisse en effet la figure de l’intellectuel engagé au service de la vérité, de la justice et de la liberté de penser.

Figure emblématique de la France des Lumières, chef de file du parti philosophique, son nom reste attaché à son combat contre «l’infâme», nom qu’il donne au fanatisme religieux, et pour le progrès et la tolérance. Il est cependant déiste et son idéal reste celui d’une monarchie modérée et libérale, éclairée par les «philosophes». Il agit d’ailleurs auprès des élites éclairées de l’Europe des Lumières en se servant de son immense notoriété et prend, seul, la défense des victimes de l’intolérance religieuse et de l’arbitraire dans des affaires qu’il a rendues célèbres (Calas, Sirven, chevalier de La Barre, comte de Lally).

De son imposante œuvre littéraire, on lit aujourd’hui essentiellement ses écrits «philosophiques» en prose: contes et romans, Lettres philosophiques, Dictionnaire philosophique et sa correspondance (plus de 21000 lettres retrouvées). Son théâtre, ses poésies épiques, ses œuvres historiques, qui firent de lui l’un des écrivains français les plus célèbres au XVIIIe siècle, sont aujourd’hui largement négligées ou ignorées. La réputation de Voltaire tient aussi à son style marqué par l’élégance et la précision, souvent au service d’une ironie mordante.

– les auteurs qui aspirent à vivre du théâtre comme Pierre Carlet de

Chamblain de Marivaux (Paris, (baptisé le) 4 février 1688 – Paris, 12 février 1763), communément appelé Marivaux, est un écrivain français. Homme solitaire et discret, longtemps mal compris1, il fut un journaliste, un romancier, mais surtout un auteur dramatique fécond, qui, amoureux du théâtre et de la vérité, observait en spectateur lucide le monde en pleine évolution et écrivit pour les Comédiens italiens, entre 1722 et 1740, des comédies sur mesure et d’un ton nouveau, dans le langage «de la conversation». Il est, après Molière, Racine, Pierre Corneille et Musset le cinquième auteur le plus joué par la Comédie française.

Pour la comédie, trois auteurs se détachent : – Regnard
– Dancourt
– Dufresny

Puis une nouvelle génération d’auteur fait surface : – Destouches
– D’Orneval
– Marivaux

En 1756, la comédie devient de plus en plus moralisante;en prose; volonté d’observer les conditions et les comportement sociaux. Elles critiquent les milieux financiers. ex : Turcaret ou le financier, 1709. Chez Marivaux, étude des classes privilégiées mais surtout étude des obstacles à la naissance de l’amour : analyse des subtilités de l’amour, particulièrement sur le plan du langage, «marivaudage».

le drame bourgeois:

deuxième moitié du siècle; il naît du déclin de la tragédie classique, Rq. : succès rare de la tragédie de Voltaire ; il est lié à l’évolution de la société. texte en prose. Volonté d’imiter la nature. Les personnages sont empruntés à la vie de tous les jours et s’expriment en langage ordinaire. refus des conventions en usage dans la tragédie et la comédie. ex : Le fils naturel, Diderot et La Mère coupable, Beaumarchais.

Déclin car genre trop sérieux et pas suffisamment divertissant.

la comédie larmoyante:

genre marqué par la sensibilité et l’émotion. ex Nivelle de la Chaussée, Le Préjugé à la mode, 1735. Il montre le triomphe de la vertu.

Regnard et Lesage (1668-1747) ont eux aussi marqué la comédie de mœurs avec le Légataire universel (Regnard, 1708) et Turcaret (Lesage, 1709).

Le théâtre du XVIIIe siècle est marqué aussi par des genres nouveaux, aujourd’hui

considérés comme mineurs mais que reprendra et transformera le XIXe siècle, comme la comédie larmoyante et le drame bourgeois qui mettent en avant des situations pathétiques dans un contexte réaliste et dramatique qui touchent des familles bourgeoises. Quelques titres explicites : le Fils naturel (Diderot, 1757), le Père de famille (Diderot, 1758), le Philosophe sans le savoir (Sedaine, 1765), la Brouette du vinaigrier (Louis-Sébastien Mercier, 1775) ou encore la Mère coupable (Beaumarchais, 1792).

Mentionnons enfin le développement de genres qui associent texte et musique comme le vaudeville ( décret du roi ou l’opéra comique ainsi que des textes de réflexion sur le théâtre avec Diderot et son Paradoxe sur le comédien, les écrits de Voltaire pour défendre la condition des gens de théâtre toujours au ban de l’Église et les condamnations du théâtre pour immoralité par Rousseau.

*********

Théâtre au XIXe siècle 

Notes par Pawel Hladki

  1. Introduction : vers les formules nouvelles :

Si la tragédie réjouit au début du XIXe siècle d’une relative popularité alimentée surtout par des grands acteurs, tels Talma, Mlle George, Mlle Mars, l’évolution sociale entraînée par la Révolution de 1789 et surtout l’avènement du romantisme font naître de nouvelles formes théâtrales.

  1. LE MÉLODRAME :

a)    c’est à la fin du XVIIIe siècle qu’un genre nouveau, le mélodrame, commence à s’emparer du théâtre du boulevard et du public sutrout après la Révolution.

b)   GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT :

–      le maître et le théoricien du genre

–      entre 1797 et 1835, il a plus de cent mélodrames

–      son mélodrame le plus connu : Cœlina ou l’Enfant du Mystère, 1800

c)    particularité du mélodrame :

–       recours aux moyens simples qui procurent des émotions fortes au public populaire

–       il néglige la psychologie pour donner la priorité à l’intrigue et au spectacle (jeux de scène, costume et décor)

–       typisation des personnages :

  • un traître odieux
  • une victime vertueuse
  • un jeune premier beau et héroïque
  • un personnage grotesque, niais ou poltron

–       l’émotion est portée à son comble grâce à l’opposition entre le pathétique et le bouffon

d)   mélodrame, genre littérairement parlant médiocre, influencera le drame romantique

  1. THÉORIES DU DRAME :

a)    c’est la Préface de Cromwell (1827) de Victor Hugo qui théorise le drame romantique

b)   ce manifeste illustre un long processus de théorisation de ce genre qu’a connu le premier quart du XIXe siècle

c)    ce processus est commencé surtout par une connaissance plus large des œuvres de Shakespeare et des pièces romantiques germanophones connues grâce à des immigrés allemands.

d)   Cela permet de remettre en question les règles du théâtre classique chères aux littéraires français

e)    Le rôle de traductions précédées par d’importantes préfaces :

  • Wallenstein de Schiller par Benjamin Constant (1808)
  • Traduction de Shakespeare par Guizot (1821)
  • Shakespeare est joué deux fois par une troupe anglaise – mal accueillis en 1822, ils triomphent cinq ans plus tard (1827)
    • Ce sont surtout, publiés entre temps, les essais sur Shakespeare qui ont permis au public parisien de comprendre l’auteur anglais :

–       Cours de littérature dramatique de Schlegel (traduit en 1814)

–       Racine et Shakespeare de Stendhal (1823-1825)

Racine et Shakespeare de Stendhal :

a)    Stendhal souligne la nécessité pour toute œuvre dramatique de plaire au public contemporain ce qui constitue pour lui la définition même du romantisme :

« Le romanticisme est l’art de présenter aux peuples les œuvres littéraires qui, dans l’état actuel de leurs habitudes et leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de plaisir possible. »

  • le mot romanticisme vient de l’italien et désigne un renouvellement littéraire lié au courant politique libéral

b)   D’après Stendhal, Racine et Shakespeare sont des romantiques dans le sens où ils ont donné à leurs publics le spectacle réclamé

c)    Racine n’intéresse les gens du XIXe siècle que par l’analyse psychologique de ses personnages qui n’équivaut pourtant pas à

d)   Shakespeare au contraire

  • offre l’exemple d’un théâtre qui n’est pas prisonnier de conventions classiques
  • les modernes ont intérêt à « marcher sur ces traces » pour plaire à leur contemporains

e)    « le combat à mort est entre le système tragique de Racine et celui de Shakespeare

f)     « Le romanticisme appliqué au genre tragique, c’est une tragédie en prose qui dure plusieurs mois et se passe en divers lieux »

g)    les idées de Stendhal seront appliquées par le théâtre de Mérimée, puis par le drame d’Alexandre Dumas Henri III et sa cour

5.    Cromwell (1827) de Victor Hugo :

a)    La Préface du drame constitue le manifeste du drame romantique

b)   Hugo distingue trois âges de l’humanité :

  • « les temps primitifs sont lyriques »
  • « les temps antiques sont épiques »
  • « les temps modernes sont dramatiques »

c)    c’est l’idée de l’HOMME DOUBLE qui est à l’origine du drame ce qui semble justifier le mélange de genres

d)   puisque dans la nature le laid existe à côté du beau, vouloir distinguer le grotesque au sublime est une idée abstraite qui trahit le réel

e)    le drame romantique doit donc embrasser tous les genres

f)     Victor Hugo s’oppose à l’unité de lieu et celle de temps :

  • L’unité de lieu est selon lui invraisemblable
  • Cette règle conduit le drame à un être plus un compte rendu des événements qui se passent en dehors de la scène qu’une mise en scène de ces événements
  • « Toute l’action a sa durée propre comme son lieu particulier »
  • encadrer une action en 24h est absurde, car les changements psychologiques se font en plus de temps (Othello)

g)    l’unité d’action est « la seule admise parce qu’elle résulte d’un fait : l’œil ni l’esprit humain ne sauraient saisir plus d’un ensemble à la fois »

  • Hugo cherche pourtant à assouplir cette règle en l’appelant l’unité d’ensemble

h)   le manifeste hugolien n’est pourtant pas celui du réalisme

  • Hugo insiste sur « la limite infranchissable qui sépare la réalité selon l’art de la réalité selon la nature »
  • « le drame est un miroir où se réfléchit la nature », mais c’est « un miroir de concentration », « un point d’optique »
  • puisque le drame reste toujours une production littéraire, Hugo se prononce pour un drame en vers ce qui l’oppose à la plupart des théoriciens romantique
  • cependant Hugo n’est pas toujours fidèle à cette règle et il écrit également des drames en prose :

–       Lucrèce Borgia (1833)

–       Marie Tudor (1833)

–       Angelo (1835)

  1. Le théâtre de Victor Hugo :

a)    ses pièces les plus réussies sont en vers :

–       Cromwell (1827)

–       Hernani (1830)

–       Marion de Lorme (1831)

–       Ruy Blas (1838)

–       Les Burgraves (1843)

b)   les drames en prose marquent aussi un recul par rapport au mélange des genres :

  • ils sont uniformément sombres – moins d’éléments comiques que ceux en vers
  • c’est Ruy Blas qui est imprégné le plus par le mélange de genre

c)    l’action :

  • est chargée d’événements
  • parfois invraisemblables
  • c’est le hasard qui joue un rôle décisif  au point de donner l’impression que les héros n’adhèrent pas à leur destinée

d)   les personnages :

  • une manifeste opposition qui repartit souvent les personnages entre les bons et les mauvais caractères
  • emparés de passions
  • l’auteur ne s’occupe pas tellement de leur analyse psychologique à la Racine

e)    poésie :

  • le lyrisme est incontestablement un trait caractéristique du théâtre hugolien qui semble combler les imperfections de l’action

f)     La bataille d’Hernani (encyclopédie Larousse) – Pressentant un climat hostile, les amis de Hugo décident d’aller soutenir la pièce le premier soir pour s’opposer aux tenants d’un théâtre traditionnel. À la tête de ce mouvement se trouve Théophile Gautier. Il est accompagné de Balzac, Nerval, Berlioz… Leur groupe a fort à faire dès le début de la représentation.
L’œuvre surprend par l’audace des situations, l’exaltation d’un amour impossible, la dénonciation d’un pouvoir sclérosé et par ses vers acrobatiques. Les acteurs jouent devant une salle houleuse où la violence d’un clan domine l’exubérance du clan adverse ; mais les partisans du romantisme finissent par l’emporter, à partir du quatrième acte, situé dans le tombeau de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. C’est un triomphe, mais le vacarme se poursuivra pendant les représentations suivantes.

g)    Hernani (1830), résumé (source : Lagarde et Michard) :

À Saragosse, dans la chambre de Dona Sol, la nuit, se rencontrent trois hommes épris de la même fille : le roi d’Espagne Don Carlos, le proscrit Hernani qui s’est révolté contre le roi pour venger son père, et le vieux Gon Ruy Gomez de Silva, oncle de Dona Sol. Celle-ci aime Hernani et s’apprête à le suivre. Mais l’enlèvement échoue et Hernani doit regagner ses montagnes. Traqué par ses troupes royales, il se réfugie au château de Don Ruy Gomez, qui se dispose à épouser sa nièce. Surprenant le proscrit avec Dona Sol, le vieillard laisse éclater sa fureur ; mais il refuse au roi de lui livrer un hôte, fût-il un rival. Il ne déshonorera point, par une telle infamie, ses ancêtres dont les portraits ornent la salle. Don Carlos emmène Dona Sol comme otage. Cependant Hernani promet à son sauveur de mourir dès qu’il l’exigera : le signal sera le son du cor qu’il lui remet.

À Aix-la-Chapelle, près du tombeau du Charlemagne, Don Carlos attend le résultat de l’élection de l’Empire ; il médite sur le destin du monde dominé par « ces deux moitiés de Dieu, le Pape et l’Empereur ». Dans l’ombre, un complot se trame contre lui : les chefs sont Ruy Gomez et Hernani. Don Calos est élu : le voici Charles Quint ; alors il pardonne aux conjurés arrêtés par sa garde ; à Hernani, redevenu Don Juan d’Aragon, il accorde la main de Dona Sol. Hernani épouse donc celle qu’il aime : tous deux goûtent un instant de bonheur ineffable, mais le son du cor retentit : le vieillard inexplorable vient réclamer sa proie. Dona Sol arrache le poison à Hernani et boit avant lui ; tous deux expirent et Ruy Gomez se tue à son tour.

  1. Le théâtre d’Alfred MUSSET :

a)    après l’échec de La Nuit Vénicienne (1830), Musset publie Un spectacle dans un fauteuil (1833 et 1834), puis Comédie et Proverbes qui réunissent des pièces affranchies de toute convention du genre ; dès lors Musset donne à son imagination un libre cours : l’action se tient dans plusieurs lieux présentant parfois  des scènes qui durent à peine quelques minutes

b)   Lorenzaccio (1834) est un drame romantique par excellence qui correspond le mieux à la conception de Stendhal

  • À travers ses 39 tableaux – sites célèbres, jardins, rues, églises, palais – s’agite une profusion de personnages de tous milieux avec leurs passions mesquines ou leurs aspirations élévées
  • Étude psychologique de Lorenzo – autrefois si pur tombé dans la débauche – l’un des héros les plus vivants et les plus complexe du théâtre français

c)    Lorenzaccio (1838), résumé :

L’action se passe à Florence en janvier 1537. Le patricien florentin Lorenzino de Médicis (ne pas confondre avec Laurent le Magnifique), âgé de dix-neuf ans, jeune homme studieux, admirateur des héros de l’Antiquité latine et grecque, se voue à la restauration de la République. Tâche difficile : son lointain cousin, le duc Alexandre de Médicis (1510-1537), règne sur Florence en tyran avec l’appui du Saint-Empire et du pape ; une garnison allemande assure sa protection ; le cardinal Cibo, qui défend à la fois les intérêts de Charles Quint et ceux du pontife romain, est son plus ferme soutien. Lorenzo devient fidèle serviteur du duc, son familier ainsi que son compagnon de débauche, afin de pouvoir libérer Florence de ce tyran : il projette de le tuer, soulignant la passivité et la lâcheté des grandes familles républicaines face à leur devoir. Les républicains ne réussiront d’ailleurs pas à prendre le pouvoir après la mort du Duc. L’échec de l’acte de Lorenzo semblait prédestiné : en effet Lorenzo agit seul et personne n’a le courage de le croire et de se servir de son acte comme d’un tremplin pour instaurer une République. Le personnage éponyme sera assassiné par un homme quelque temps seulement après avoir tué le Duc car sa tête avait été mise à prix.

d)    les comédies :

  • les comédies de Musset représentent une gamme très variée de pièces
  • l’un de thèmes principaux : la double nature de l’homme
  • les pièces sont le plus souvent concentrées autour du thème de l’amour

e)     On ne badine pas avec l’amour (1834) :

La pièce se déroule au château du Baron et a pour principaux personnages Camille, sa nièce, une jeune fille de 18 ans qui sort du couvent, et son fils de 21 ans, Perdican, récemment titulaire d’un doctorat. Les deux jeunes gens se retrouvent après dix ans de séparation dans ce château si cher à leurs cœurs, où ils ont grandi, joué, et où ils se sont aimés. Le Baron projette de marier les deux cousins.

Perdican et Camille s’aiment depuis toujours, mais cette dernière, endoctrinée par les sœurs du couvent toutes victimes d’amours malheureuses, a appris à ne pas avoir confiance en les hommes. Elle a donc pris la décision d’y retourner et de vouer sa vie à Dieu.

Camille continue malgré tout de cacher ses sentiments pour Perdican, par pur orgueil. Elle envoie donc une lettre à Louise, une religieuse de son couvent qui l’a fortement influencée par l’exemple de ses propres malheurs pour la dissuader de quitter ce lieu où elle « est en sécurité », lettre où elle explique qu’elle a tout fait pour se faire détester de Perdican, et où elle affirme que ce dernier est au désespoir à cause de son refus de mariage.

Au cours d’une dispute entre Dame Pluche et Maître Blazius, Perdican tombe sur cette lettre. Touché dans son amour-propre, il laisse l’orgueil et la vanité le dominer, et décide de la détromper en séduisant Rosette, une jeune paysanne, sœur de lait de Camille, espérant ainsi rendre sa cousine jalouse, lui donnant rendez-vous afin qu’elle assiste à la scène.

Mais Camille apprend par Dame Pluche que Perdican avait lu sa lettre, et comprend ainsi son comportement. Par vengeance, elle affirme à Rosette que Perdican se moque d’elle. Rosette s’aperçoit de la méprise et perd connaissance. Camille et Perdican s’avouent finalement leur amour dans la dernière scène, mais Rosette, qui les observait en cachette, ne supporte pas cette désillusion et meurt d’émotion : « Elle est morte ! Adieu, Perdican ! », conclut Camille. Ils se quittent à jamais.

  1. Le théâtre d’Alfred Vigny (1797-1863)

a)     Alfred de Vigny a commencé par l’adoption de Shakespeare – Othello (1829)

b)    il s’essaie ensuite, sans grand succès, au drame historique – Le Maréchal d’Ancre (1831)

c)     Chatterton (1835) est un triomphe :

  • C’est un drame en trois actes
  • en prose
  • tiré d’une de trois nouvelles de Stello (1832)
  • dans la Préface du Chatterton Vigny critique le drame romantique, en l’opposant  à sa conception théâtrale qu’il appelle : « DRAME DE LA PENSÉE »
  • « J’ai voulu montrer l’homme spiritualiste étouffé par la société matérialiste où le calculateur avare exploite sans pitié l’intelligence et le travail. »
  • pour corroborer sa thèse, Vigny n’hésite pas par ailleurs à changer la vérité historique, en modifiant le caractère de certains personnages
  • Vigny demande que la société prenne en charge le petit nombre de poètes qui donnent des preuves de leur génie

d)    Chatterton – résumé :

Acte 1. John Bell ou la dureté des puissants.
John Bell, riche industriel de Londres, est un patron autoritaire et un époux tyrannique : il refuse de reprendre un ouvrier qui s’est rompu le bras dans une de ses machines et brusque sa femme, la mélancolique et douce Kitty, pour une erreur relevée dans son livre de comptes. Chatterton, un jeune poète sans fortune, a loué chez lui une modeste chambre; il s’entretient avec son ami le quaker, un familier de la maison, et, dans une profession de foi, oppose au matérialisme prosaïque de John Bell son idéalisme exalté. Il souffre de se sentir incompris et envisage le suicide comme une délivrance.
Acte II. Kitty Bell ou la pitié de la femme.
Au cours d’une promenade avec le quaker, Chatterton a croisé Lord Talbot et quelques jeunes nobles, ses anciens compagnons d’Oxford. Les voici justement chez John Bel : Lord Talbot signale la noble origine de son locataire, le bruit qu’a fait la publication de ses poèmes ; il ajoute des allusions impertinentes à l’intimité qu’il croit deviner entre le jeune poète et la femme de son hôte. Après le départ des visiteurs, Kitty Bell se plaint au quaker de leur attitude et lui avoue que la vue de Chatterton suffit à l’émouvoir. Le quaker lui révèle le mal qui ronge le jeune homme. Chatterton, cependant, s’est résolu à écrire une lettre au lord-maire pour obtenir un emploi ; il attend anxieusement la réponse.
Acte III. Chatterton ou la misère du génie. Chatterton, seul dans sa chambre froide médite et écrit. Il se lance dans une diatribe contre la société qui oblige le poète à quémander des emplois. Au moment où il va avaler de l’opium, le quaker l’arrête et lui révèle l’amour de Kitty. Il renaît pour un moment à l’espoir. Mais bientôt, il apprend coup sur coup qu’un créancier veut le faire arrêter, qu’un critique l’accuse de plagiat et que le lord-maire lui offre un emploi humiliant de valet. Il boit alors le poison. Kitty, qu’agite un obscur pressentiment, lui arrache le secret de son amour. Il tombe dans les bras du quaker ; et Kitty ne peut lui survivre.

Quaker/Quakeresse – Membre d’un mouvement religieux protestant, la «  Société des Amis  », fondée par George Fox en 1648-1650, qui prêchait le pacifisme, la philanthropie et la simplicité des mœurs.

  1. Le théâtre après le romantisme :

Malgré le succès de quelques drames romantiques, le public semble progressivement préférer le drame bourgeois défini au XVIIIe siècle par Diderot.

a)    la comédie d’intrigue : concentrée autour des situations bouffonnes ou pathétiques ; représentants :

  • Scribe
  • Victorien Sardou
  • Labiche

b)   la comédie de mœurs – fondée sur l’observation tourne à la pièce à thèse, représentant :

  • Émile Augier
  • Alexandre Dumas fils

c)    le théâtre naturaliste 

  • la bataille naturaliste s’est étendue à la scène
  • Zola se prononce pour un théâtre qui « apporte la puissance de la réalité »
  • Beaucoup de roman de Zola, de Goncourt et de Daudet ont été adaptés à la scène en général sans grand succès
  • Représentant le plus illustre : Henri BECQUE – Corbeaux (1882)

d)   le théâtre symboliste : son représentant le plus illustre – Maurice Maeterlinck (1862-1949) – prix Nobel 1911

e)    Pelléas et Mélisande (1892)

L’histoire générale est une histoire d’amour et de jalousie entre trois personnes : Mélisande, Golaud et Pelléas. Tout commence dans le château d’Arkël : Geneviève a reçu une lettre de la part de son fils Golaud lui mandant son prompt mariage avec Mélisande, à rebours des vœux de son grand-père. Chose étonnante au théâtre, la rencontre entre Golaud et Mélisande est représentée après la scène évoquée précédemment alors que celle-ci lui est postérieure dans le déroulement des faits. Cette rupture dans la chronologie de la mimèsis sera d’ailleurs supprimée dans le drame lyrique composé par Debussy. Cette rencontre a lieu dans une forêt où Golaud est perdu alors qu’il chassait. Il rencontre Mélisande en pleurs, craintive, timide et envoûtante. Elle dit avoir perdu la couronne qu’un personnage mystérieux lui avait donnée. Golaud l’emmène avec lui dans son château, où se trouve son demi-frère, Pelléas. Avec le temps, Mélisande et Pelléas tomberont amoureux, mais tout n’est que non-dits : ils n’avoueront leur amour qu’à la fin. Cet amour n’est que très virginal, à l’aune du caractère candide des deux jeunes gens. Dans cette pièce, l’amour s’avoue « à voix basse ». La scène des aveux (IV, 4) coïncide avec l’acmé de la passion des deux personnages qui tente de s’exprimer, au sens étymologique : elle tente une sortie de ces deux corps prisonniers des convenances sociales. Cette seule étreinte passionnée est réprimée par Golaud dans le sang de Pelléas. À l’acte V, Mélisande a donné naissance à une fille, mais ce sursaut de vie ne peut atteindre Mélisande, qui se meurt, non de la blessure légère que lui a faite sur son bras Golaud, mais de celle, incurable et incommensurable, que celui-ci a faite sur son cœur et son esprit en tuant Pelléas.

 ********

Advertisements