Celui à qui je dois tout

Notre site est dédié essentiellement à la littérature française et polonaise, néanmoins la parution du nouveau roman de Michael Cunningham, nous oblige à déroger à ce principe.

Si, après de nombreuses années d’une certaine lassitude provoquée par les lectures obligatoires de tout cursus scolaire, j’ai commencé à vraiment me passionner  pour la littérature, au point de constater avec étonnement un jour que « vivre sans lecture est dangereux »[1], c’est grâce à Michael Cunningham et à son inoubliable ouvrage de fiction – Un maison du bout du monde (1990), roman à quatre narrateurs où histoire singulière rime parfaitement avec portraits psychologiques approfondis  de personnages hors du commun.

 Né en 1952, cet auteur américain doit sa popularité mondiale surtout au roman Les Heures (prix Pulitzer 1999) amplifiée encore par sa très réussie mise en écran dirigée par Stephen Daldry avec dans les rôles principaux : Meryl Streep, Julianne Moore et Nicole Kidman (Oscar 2002 – meilleure actrice). Le sixième roman de cet écrivain à succès, Crépuscule (By Nightfall), vient de paraître en France (le 2 février 2012).

Mariés depuis une vingtaine d’années, Peter, galeriste, et Rebecca, éditrice d’une revue d’art, mènent un train de vie aisé à Manhattan. Cette existence bien paisible – rythmée par le travail, des sorties culturelles et quelques rares appels de leur fille installée depuis peu à Boston – bouleverse inopinément l’arrivée du jeune frère de Rebecca, surnommé significativement Mizzy (erreur). D’une apparence physique androgyne, le jeune homme en proie à la drogue ramène dans le quotidien des deux New-yorkais un souffle de déséquilibre qui remettra en question la solide structure de leur couple jusqu’à menacer sérieusement ses fondements.  La présence de Mizzy conduira en outre le père et le mari exemplaire à questionner sa vie actuelle.

Est-ce le mal de la jeunesse qui poussera Peter à se décider à des actes qu’il ne pensait jamais entreprendre ? Est-ce plutôt son penchant envers l’insouciance perdue progressivement avec l’âge qui influencera considérablement son attitude ? Est-ce peut-être des attirances jusqu’à lors inavouées qui conduiront le galeriste quadragénaire à perdre complètement la raison ?

Michael Cunningham signe encore une fois un roman remarquable, excellant à tisser des portraits singuliers qui loin d’être de simples personnages de papier continuent à vivre dans le psychisme des lecteurs même après avoir lu la dernière phrase. Car le romancier, tel un démiurge, a su « souffler dans leurs narines un souffle de vie » de manière à les transformer en de réels êtres vivants. Reste seulement à vous inviter à faire leur connaissance. Reste seulement à vous garantir que vous en serez enchantés.


[1] M. Houellebecq, Plateforme, Flammarion, 2001.

Texte et photos : Pawel Hladki

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